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mardi 30 septembre 2008

Le caractère national et la critique constructive


Et bien voilà, j'en suis à mon dernier éditorial de ma série "chroniques Albertaines". Après tout ce que j'ai déjà dit, qu'ai-je à rajouter?

Comme dernière réflexion à propos de l'Alberta, je me suis demandé si j'étais justifié d'aller en un autre pays (province, région, enfin, une autre culture) pour y faire mes commentaires? Est-il positif de critiquer (de manière négative ou non) lorsqu'on arrive à un nouvel endroit? Quel en est la valeur? Est-il possible d'être objectif ou ne fait-on que tout ramener qu'à son propre modèle? Autrement dit, quelle est la valeur des "Chroniques Albertaines"?

Le caractère national et l'automatique comparaison avec l'extérieur est une réalité incontournable en notre ère de mondialisation. Qu'est-ce qui caractérise une nation? Quelles en sont les forces? Et évidemment mais sujet beaucoup plus sensible: quelles en sont les faiblesses? Toutes ces questions se posent à chaque fois qu'un contact culturel se crée, c'est une réaction des plus normale face la différence, il est en effet quasi impossible de ne pas analyser ce que l'on voit, vit et ressent. Mon questionnement ne porte donc pas sur le fait d'évaluer un caractère national en particulier mais plutôt ce réflexe: le réflexe de comparaison et d'en critiquer les possibles effets pervers.

Je me trouve malheureusement dans une situation ou je ne peux apporter de réponse ou même de jugement clair. Car un refus global (ou l'opposé) face à une société différente est contreproductif et, je le dirais même, inutile. Il m'est donc extrêmement difficile de juger si la position de jugement peut tout de même rester valable (malgré son inhérente subjectivité). Je dirai toute fois et je me rends compte que ce point de vue est hautement subjectif, que d'être capable de reconnaître les subtilités des particularités, sans sauter aux conclusions, est un exercice somme toute plutôt positif, car il aide à se conscientiser par rapport au monde qui nous entoure (que cela soit même dans ses détails banals). Mon point serait donc que de ne pas savoir (ou au moins essayer de) reconnaître les forces (ou les faiblesses), d'un monde qu'on découvre (ou celui qui nous entoure à la base) est une faiblesse personnelle. D'accord, il est vrai que je m'auto-justifie en ce moment mais après tout, si la critique et l'analyse face à l'autre ne pouvait absolument pas être objective ou utile, alors que ferions-nous encore à lire les Alexis de Tocqueville de ce monde? En tout cas, voici la fin de mes Chroniques Albertaines, j'espère qu'elles vous auront un peu divertit (ou appris quelque chose). De mon côté j'aurai au moins bien aimé les écrire. Laissons èa la postérité le soin de voir si çca aura servit à quelque chose ou non.

P.S. Précisons bien que je ne me compare pas à Tocqueville, je ne fait que le citer pour exprimer un point, c'est tout.

Democratie à l'Albertaine


Démocratie et Parti unique, est-ce que ça peut vraiment fonctionner ensemble? C'est la question que beaucoup d'Albertains se posent et que je me suis aussi posé durant mon séjour en Alberta. En effet, il valait bien la peine que je me la pose, après tout cette province ne connaît pas vraiment les affres de l'alternance politique. Le parti Conservateur de l'Alberta est au pouvoir depuis 1971 (37 ans au pouvoir, wow!). Même avant cela, les créditistes (un parti religieux, populiste et socialement conservateur) étaient au pouvoir depuis 1935. Cela fait donc près de 70 ans que cette province est dirigée par des gouvernements plus ou moins conservateurs. Du jamais vu au canada!

Cette main mise des Conservateurs sur la province font donc plutôt penser au stéréotype même de l'État semi-démocratique comme il est connu au travers de la planète. Combien de pays se disent démocratiques (parce qu'ils leurs arrivent d'organiser des "élections") mais sans jamais donner une réelle chance aux adversaires politiques de vraiment pouvoir gagner l'élection? Ça n'est évidemment pas exactement le cas en Alberta, le parti au pouvoir ayant tout de même à répondre de ses pratiques devant les normes canadiennes. Par contre, il reste plusieurs questions troublantes à propos de la "démocratie" en Alberta. Ne voyez donc pas mes commentaires comme des attaques en règle contre l'Alberta mais plutôt comme une série de commentaires sur un cas flou mais aussi sur l'idée même de ce qu'est une démocratie.

Principalement, la démocratie en Alberta souffre de quelques problèmes principaux: un manque de rotation au pouvoir, des circonscriptions électorales fluctuants trop facilement, une liberté d'expression parfois un peu flou et finalement un intérêt pour la démocratie vraiment bas au sein de la population.

Commençons donc avec le premier problème, le manque de rotation au pouvoir. Je vous ai déjà introduit sur le sujet, sur le fait que les Conservateurs tiennent le haut-pavé du gouvernement depuis presque quatre décades. Vous pourrez toujours vous demander: "quel est le problème? S'ils se font réélire, c'est que les gens les aiment". Et la réponse serait un "oui évidemment mais..." il est toute fois impossible que les Conservateurs aient fait un travail parfait sur quatre décennies. Et même si ça avait été le cas, comment se fait-il alors que dans une société pluraliste comme celle de l'Alberta, aucun autre point de vue n'arrive à s'exprimer? Ce point particulier n'est donc pas une raison du déficit démocratique de l'Alberta mais plutôt l'exemple démontrant le mieux le problème.

Une meilleure explication du manque de rotation au pouvoir en Alberta, se trouve dans la structure des circonscriptions électorales mêmes. Pour faire rapide, disons simplement que les circonscriptions électorales ne sont pas gérées (au niveau de la taille ou l'emplacement) de manière indépendante en Alberta et que le gouvernement a la possibilité de les changer en fonction de ses intérêts. Autrement dit, si le parti au pouvoir se rend compte qu'il risque de perdre une circonscription, il peut toujours changer les pourtours de celle-ci afin de diluer la masse de contestataire. C'est une technique qui fut amplement utilisée par Duplessis au Québec mais qui serait maintenant impensable. La gestion des circonscriptions étant maintenant entre les mains d'un organisme indépendant (Directeur Général des Élections du Québec). L'Alberta n'a malheureusement pas encore adopté cette réforme politique, ce qui la met dans une situation démocratique ambiguë.

Une autre raison potentielle du déficit démocratique Albertain, se trouve au niveau de la liberté d'expression. Évidemment, l'Alberta ne contrôle pas directement les médias diffusant dans la province. Cependant une certaine limitation, plus subtile, se fait tout de même. Comme je l'ai raconté précédemment dans mon éditorial: Liberté d'expression en Alberta? , un certain "consensus" pervers existe à propos de l'exploitation du pétrole en Alberta. Il est très mal vu de commencer à critiquer cette industrie et encore moins les positions du gouvernement sur le sujet, d'ailleurs de nombreux Albertains sont convaincus que les compagnies pétrolières ont carrément le contrôle du gouvernement. Ce qui montre bien qu'il y a un problème, car si un sujet aussi controversé que l'exploitation des sables bitumineux ne peut pas être adressé de face, publiquement et que toute critique reçoit une fin de non-recevoir, c'est que la population est désinformée (volontairement ou non) face à une problématique gigantesque pour la province. Dans un tel cas, la capacité à être bien informé à propos des enjeux importants étant essentielle à la démocratie, on peut se demander quelles peuvent être les conséquences démocratiques de cette "ségrégation" de l'information albertaine.

Mon dernier point, est celui soulevé par le manque d'intérêt pour la démocratie démontré par les Albertains. Évidemment que les Albertains, si on le leur demande, diront qu'ils sont bien attaché à la démocratie mais concrètement, est-ce vraiment le cas? Ma remise en question vient du fait que les Albertains ne votent pas. Aux dernières élections, seulement 41% des électeurs sont allés voter. La situation est grave au point que si, dans chaque circonscription, l'absentéisme était considéré comme un candidat, le parlement albertain serait maintenant à 100% vide, car les candidats "absentéiste" aurait gagné dans chaque circonscription. Si ça n'est pas dramatique, alors je ne vois pas qu'est-ce qui pourrait l'être. Une implication de base est nécessaire afin de permettre à la démocratie de fonctionner, alors comment l'Alberta pourrait-elle avoir une démocratie vibrante alors même que près de 60% de la population ne se lève même pas de son divan pour aller voter?

Voici donc pourquoi, à cause des différents problèmes que j'ai évoqué dans cet article, je considère que l'Alberta est dans une situation démocratique douteuse, ce qui devrait non-seulement affoler les Albertains eux-mêmes mais nous aussi. Car si ce problème existe en Alberta, serait-il exagéré de s'imaginer qu'un tel problème pourrait aussi arriver chez nous? D'ailleurs la question se pose, si je considère l'Alberta comme étant loin d'être un exemple de démocratie, qu'est-ce qui fait vraiment que le Québec soit en meilleur position? Je laisse cette seconde question à votre raisonnement propre.

mardi 9 septembre 2008

Le mariage, une option ou...


Je sais que je suis déjà revenu d'Alberta et qu'en ce sens, mes "Chroniques Albertaines" devrait maintenant être finies mais je n'ai malheureusement pas pu terminer mon tour d'horizon. J'essaierai donc de faire une dernière rafale pour les prochains jours et je pourrai définitivement passer à autre chose après coup.

Voilà qui est dit, maintenant pour le sujet du jour. Pour le petit Québécois que je suis, certaines règles sociales m'ont toujours parues plus importantes que d'autres. Le mariage est de ces "codes sociaux" que j'ai toujours vu comme faisant parti de l'ordre du choix personnel. Voyant d'un aussi bon oeil le couple marié et heureux ou l'autre non-marié et tout aussi heureux.

Si je parle de ce choix c'est que ça n'en est justement pas un en Alberta. En effet, dans cette province de l'Ouest, tout le monde se marie. En Alberta, la proportion annuelle de couples se mariant est près de deux fois plus élevée qu'elle ne l'est au Québec(627 par 100 000 habitants, au lieu de 322 par 100 000 habitants au Québec.). De plus, L'Alberta se situe nettement au dessus de la moyenne canadienne, n'étant surpassée que par le Yukon et l'Île-du-Prince-Édouard. Ce que ça veut dire, c'est que si au Québec les gens font le choix de se marier sur des questions de croyance ou de convenance, cela ne semble pas être le cas en Alberta. Car dans cette province, ça semble plutôt être une convention sociale encore rigoureusement entretenue.

Par exemple, dans mon milieu de travail, tout le monde était marié (souvent dès le début de la vingtaine) et je n'y connaissais qu'une seule compagne de travail qui vivait en couple sans avoir comme but de se marier. Précisons qu'elle avait tout de même l'habitude de parler de son compagnon comme son "mari", question d'éviter les questions embarrassantes... En ce sens, il était très facile de resentir le conservatisme de la société Albertaine. Un consensus transcendant les barrières ethniques ou religieuses. Cette règle claire se retrouvait même dans le vocabulaire. Par exemple, au Québec on peut utiliser les termes "compagne" ou "conjointe", lorsqu'on désire parler de sa "femme" sans mentionner l'idée de mariage. Par contre, personne en Alberta ne pouvait me trouver d'équivalent, ça semblait ne pas exister... Évidemment, il était possible de parler de "partenaire" (comme dans "partenaire de vie") mais ce terme avait une double connotation. En effet en Alberta, lorsqu'on utilise d'un "partner", c'est qu'on parle de son conjoint homosexuel. Je trouve ce vide, au niveau du vocabulaire, très indicateur.

Pour bien montrer à quel point la tendance au mariage est importante, il suffit de jeter un coup d'oeil sur les magasins de mariage à Edmonton: il y en a partout! Oui, sur toutes les grandes rues et avenues se trouvent de grands magasins pour matériel, organisation et accoutrement de mariage. De plus, de multiples petites boutiques spécialisées pouvaient être trouvées ça et là: mariage asiatique, mariage africain, mariage musulman, etc. En gros, on pouvait non-seulement voir que le mariage est une coutume encore très à la mode en Alberta mais qu'en plus c'est une histoire de gros dollars...

Finalement et c'est certainement une partie un peu plus triste, le mariage est plus populaire en Alberta mais il est aussi très malheureux de remarquer que les divorces aussi y sont très populaires. L'Alberta a un des plus haut taux de divorce au Canada, deuxième juste après le Yukon. Ce qui veut dire que si le conservatisme de cette société réussi à pousser ses citoyens à se marier, cela ne veut pas dire que ce même conservatisme réussit à les garder uni. Il est toute fois à préciser que le Québec, malgré son taux de mariage très bas, a aussi un taux de divorce au dessus de la moyenne canadienne.

samedi 2 août 2008

1ier juillet en terre étrangère

Hum... Pas sur que ca soit le Canada que je connaisse...

Oui, aussi bizarre que ca puisse paraitre (pour ceux qui me connaissent), j'ai eu l'impression de passer le premier juillet en terre étrangère. Pas très intéressant pour vous mais j'en suis tout de même arrive a un constat: même pour un Québécois fédéraliste, le Canada, ses symboles et ses fêtes restent des choses lointaines et il est difficile de s'y sentir émotionnellement liés. Ce fait, que certains pourront contester (mais n'oublions pas qu'il y a toujours des exceptions et que cela ne change en rien a l'éloignement progressif des Québécois envers les institutions canadiennes), n'est que la conséquence logique de la situation du Québec face a l'entité canadienne. Forcé dans un système que nous n'avons jamais accepté, il serait naïf de croire que l'on pourra tout simplement oublier les problèmes et en venir a une parfaite harmonie. La question est donc: si l'on voulait que le Québec fasse clairement partie du Canada, au niveau politique et émotionnel, quelles actions devraient-elles être prises? Voici mes idées sur le sujet.

Pour que les Québécois puissent un jour se sentir épanouie dans le système canadien, il faudrait auparavant que le Canada offre une réelle ouverture au Québec et à la nation que la province représente. La première étape serait de rouvrir la constitution et d'y insérer le fait qu'il y a plus d'une nation canadienne: que les francophones, anglophones et aborigènes forment les trois pôles nationaux de ce pays. Une fois cela clairement accepté par l'ensemble du Canada et inscrit dans la constitution, la prochaine étape serait de donner les moyens nécessaires à ces trois nations de se développer, se sécuriser et progresser vers l'avenir. Les besoins de chacun étant différents, la constitution devrait aussi accepter le fait que l'égalité comprend la différence et qu'il n'est pas inégal d'accorder des droits et aides différentes en fonction des besoins. De plus, une révision du sénat serait tout à fait appropriée, le système actuel étant complètement désuet et inégal (oui, réellement inégal). Je ne rentrerai toute fois pas dans les détails mais vous conseillerai plutôt de lire les deux éditoriaux que j'ai écrit sur le sujet: première partie "Réformer le Sénat, bonne chance!" et deuxième partie: "Réformer le Sénat (2)".

Une fois le côté technique réglé, il faudrait s'attaquer aux symboles. Les symboles ayant leur importance puisqu'ils servent de point de rassemblement pour tous les citoyens. Les symboles actuels étant déjà tant salis aux yeux de beaucoup (comme c'est le cas au Québec), ils ne pourraient être simplement réutilisés. Il faudrait donc en créer de nouveaux, sans pour autant tout effacer, puisque l'idée de continuité est aussi très importante. Un bon point de départ serait le drapeau, pourrait-on créer un différent drapeau du Canada, qui suivrait la vision différente que la nouvelle constitution représenterait? Larges barres rouges pour les anglos, minces barres bleues pour les francos et le signe central (feuille d'érable) différente (couleur+signe interne) pour les aborigènes (ca serait au aborigènes Canadiens de déterminer leur couleur ou signe distinctif)... Le drapeau ci-dessous serait un bon point de départ (le point d'interrogation representant le futur symbole propose par les aborigenes).



Ce serait donc un changement en plusieurs étapes: 1-les institutions 2-accepter la différence et permettre des traitements différents 3-transformer les symboles. Aucun de ces changements ne serait suffisant en lui-même, l'ensemble devenant nécessaire afin de recréer (ou créer selon le point de vue) le lien entre le Canada et ses minorités. Un fois cela fait, peut-être pourrait-on enfin oublier les rancunes du passé et commencer à entrevoir l'avenir dans un Canada uni mais un Canada qui accepterait ses différences. En attendant, si rien n'est fait, nous ne faisons qu'attendre le prochain referendum destructif. Le mouvement souverainiste n'est pas mort et ne mourra jamais. La seule chose pouvant réellement l'achever serait un Canada y allant à fond dans une démarche d'ouverture et, évidemment, un Québec prêt à recevoir cette ouverture. Ces conditions pourront-elles se présenter un jour? Je n'en sais rien mais parions que si elles ne se présentent pas, plus de déchirement sera au menu...

Aussi, il ne faut pas oublier que ces changements ne seraient pas salutaires que pour les relations Canada-Québec, d'autres entités de notre pays en ayant aussi réellement besoin. Les aborigènes venant évidemment en tête, le fait qu'ils vivent un tiers-monde au sein d'un pays riche est évidemment inacceptable. De plus, plusieurs provinces Canadiennes sont aussi vraiment vexées par le système actuel. Retravailler la constitution et apporter plus de flexibilité à la structure et aux rapports fédéral-provincial serait aussi un bon point de départ qui en satisferait plus d'un.

dimanche 27 juillet 2008

Liberte d'expression en Alberta?


Le Canada est une grande démocratie, n'est-ce pas? Hum… Oui mais ca ne veut pas dire que notre passé est exempt d’histoires louches et parfois à tendances autocratiques. Nous n’avons qu’à penser à l’intégration un peu « forcée » de Terre-Neuve dans la Confédération suite à la deuxième guerre mondiale (si vous ne connaissez pas trop cet événement, je vous conseille d’y jeter un coup d’œil) ou, plus récemment, au rapatriement de la constitution, pour nous rappeler a quel point le verni démocratique, même dans un pays aussi démocratique que le Canada, est mince et peut rapidement laisser place une seconde peau moins reluisante… Si j’amène ce sujet c’est justement parce que j’ai l’impression d’avoir finalement eut un bon contact malsain avec cette deuxième peau, plus ou moins démocratique, en Alberta.

Tout a commencé récemment lorsqu’on m’a demandé d’écrire un article pour le journal du ministère de la santé (où je travaille en ce moment). On me demandais plus précisément d’écrire un article, très court, sur mon expérience de voyage échange en Alberta. Ca me fit évidemment plaisir d’accepter et je me mis dons rapidement à l’ouvrage et remis mon article à un des mes compagnons de travail, qui est aussi éditeur du journal. Sa réaction fut immédiate en lisant mon article :
« ca ne passera pas »…
- Comment ca : « ca ne passera pas »?
- Désolé Arthur mais une ligne que tu as écrite ne pourra pas être acceptée dans le journal…
- Pas acceptée… Tu veux dire censurée ?
- Heu (et le pauvre de rougir)… Oui, je veux bel et bien dire que si tu essayes d’écrire ca, tu seras censuré.

Aye ! Je peux vous dire que j’étais bouche bée, je ne comprenais pas du tout quel était le problème et pourquoi quelqu’un voudrait me censuré pour un court article ne cherchant nullement à insulter qui que ce soit… Mon compagnon de travail (qui était toujours aussi rouge de honte) me montra donc la phrase « problématique ». Au beau milieu de mon message d’éloge du programme d’échange, j’avais osé écrire cette phrase :
Even better, this exchange has been a lot of fun so far, full of discoveries: from the splendor of the Canadian Rockies to the appalling but necessary oil sand exploitation and finally, the gentleness of Albertans.
Voila quel était le fond du problème, j’osais critiquer la méthode d’exploitation du pétrole Albertain. J’osais exprimer la réalité que tout le monde connait : l’exploitation des sables bitumineux est "nécessaire" (pour le moment), puisque l’économie mondiale nécessite une grande consommation de pétrole mais que cette même extraction est extrêmement destructrice et donc désolante…


Ma première réaction fut donc de pouffer de rire et de répliquer qu’il n’y avait rien a censurer là dedans. Cependant, un petit attroupement s’était fait autour de nous et tout le monde en venait à convenir que ce que j’avais écrit ne passerait jamais. Tous, me regardant calmement, m’expliquaient que j’avais peut-être raison et que c’était ridicule de censurer ca mais que ca serait tout de même censuré puisque l’on est en Alberta et qu’en Alberta ce sont les grosses compagnies pétrolières qui dirigent et celles-ci ne veulent pas être critiquées… Mes bras m’en sont tombés !

En tout cas, au final on a quand même essayé de publier mon article et il fut publié mais… Mais, sans m’en demander la permission on changea ce que j’avais écrit, c’était maintenant devenu :
Even better, this exchange has been a lot of fun so far, full of discoveries: from the splendor of the Canadian Rockies to the massive but necessary oil sand exploration and finally, the gentleness of Albertans.



Est-ce que vous pouvez vous imaginer? Ils avaient complètement distordus le sens de la phrase d’origine pour y mettre une intention totalement contraire! Non seulement il n’y avait plus le mot « appalling » qui était la clef de voute du commentaire mais ils avaient même changé le mot « exploitation » par le mot « exploration »… Et en plus ils osent mettre mon nom en dessous, sans même me le demander, ils me font porter le chapeau de leur propagande autocratique ! Pardon ! Mais j’ai pas vu beaucoup d’explorateur quand je suis allé à Fort McMurray, ce que j’ai vu c’est une terre éventrée et désolée, ainsi que des cours d'eau et des lacs pollués jusqu'à la racine! C’est un massacre environnemental qui se fait là bas et ils essayent de transformer mes paroles pour faire croire que le petit Québécois qui travaille en Alberta est éblouis par leur « exploration » ! Non mais je rêve ! Réveillez-moi, j’ai l’impression d’être en Chine !



Je pensais que la liberté d’expression était un point central de la démocratie… Surtout, ca n’est pas comme si je lançais des propos offensants, seulement représenter une réalité désolante (mais nécessaire, pour le moment) de l’économie mondiale… Bravo pour la démocratie et surtout que je ne vois plus jamais un Albertain faire des leçons de démocratie à qui que ce soit ! Le pire, c’est qu’ils ont eu le culot de mettre ma photo sur l’article, plus une photo des Rocheuses mais evidemment, ils n’ont pas eu le courage de mettre une photo de « l’exploration » des sables bitumineux. Je n’ai qu’un mot à rajouter : c’est minable ! En passant, les photos sont de moi, elles n’ont pas été transformées et heureusement, pas encore censurées.

Oui, cet événement m’a vraiment découragé mais honnêtement, que doit-t-on s’attendre d'autre d’un tel système politique? L’Alberta est un système « démocratique » à un seul parti! Bon, je crois que ca fait assez pour aujourd'hui, je vous donnerai plus de détails sur ce sujet dans une de mes prochaines chroniques Albertaines…

lundi 23 juin 2008

L'Immigration en Alberta


L'immigration, en Alberta, est un puissant phénomène qui a eu des conséquences importantes sur la société de la province, je toucherai donc cette question en quelques points afin de vous dresser le meilleur portrait possible.

Premièrement, quelle est la situation de l'immigration en Alberta comparée a celle du Québec? Au Québec, selon le recensement de 2006 de Statistique Canada, l'immigration représente 12% de la population, particulièrement concentrée à Montréal. Pour la ville de Québec, par exemple, ca n'est que 4% de la population qu'y est issue de l'immigration. En Alberta c'est plus près de 16% et a Edmonton plus près de 20%. Si on peut tout de suite remarquer une différence au niveau de la comparaison entre province, elle ne semble pourtant pas si grande. Cette statistique est cependant fallacieuse, car ces statistiques ne comptent que les immigrants de l'extérieur... Avec l'immigration interne, les statistiques changent complètement. En fait, en nombre d'immigrant total (de l'étranger ou d'autres provinces) l'Alberta reçoit 80,000 immigrants par année, alors que le Québec en reçoit entre 40 et 45,000. Finalement, étant donné que le Québec a une population deux fois plus élevée que celle de l'Alberta, cela veut dire que l'Alberta reçoit 4 fois plus d'immigrants, par habitant, que le Québec. Nous ne parlons pas ici d'un simple flot mais littéralement d'un torrent. Difficilement égalable à la grandeur de la planète.

De plus cette immigration est assez différente de celle connue au Québec. Elle est très peu européenne et ne provient pas vraiment d'Afrique. Elle est en fait plutôt spécifique à l'Extrême-Orient et a l'Asie du Sud (sans compter l'immigration interne canadienne). Ce sont donc les Chinois et les Indiens qui se partagent le gros du gâteau de l'immigration. On voit leurs institutions partout: restaurants, temples, églises, magasins de toutes sortes et encore mieux, on les voit partout ou on ne croirait les voir. Par exemple, qui voit-on habituellement travailler dans un restaurant mexicain? Vous dites des... Mexicains! Faux! Des Chinois, que des Chinois. Vous pouvez donc imaginer la vague d'immigration venant de Chine si même les latinos se vont voler la représentativité même de leur nourriture nationale...

Une autre chose que j'ai bien aime découvrir en Alberta est l'idée de responsabilité morale liée a l'immigration. Je m’explique : l’autre jour, j’assistais a une présentation, dans mon milieu de travail, sur l’apport des travailleurs de la sante issus de l’immigration. Rien de bien nouveau la dedans, on parle de faire une place aux immigrants professionnels de la santé depuis déjà bien longtemps et cela partout en occident. La différence, qui m’a été ici présentée, est que le problème n’est pas de leur faire une place, ce qui est déjà le cas en Alberta mais plutôt de la responsabilité morale envers la pouponnière… Hein? Pourquoi est-ce que je parle de pouponnière? Parce qu’il a bien fallu que quelqu’un forme ces médecins et ces infirmières… En effet, les spécialistes de l’immigration et de l’intégration des immigrants professionnels de la sante amenaient l’idée que l’Alberta devrait payer un dédommagement pour les pays et/ou les écoles exportatrices. Dans ce cadre d’idée, l’immigrant devient une marchandise qu’un pays vend à un autre… Pas banal quand même!


Tout cela ne me semblait cependant pas très clair. Pourquoi l’Alberta devrait-elle donc payer un autre pays ou institution pour le choix libre qu’un individu a fait en émigrant au Canada? La réponse donnée venait en deux étapes : premièrement que la province avait une responsabilité morale envers le pays d’origine puisque souvent celui-ci était habituellement plus pauvre, ayant des besoins de sante plus grands et manquait lui-même grandement de médecin. Concrètement, est-il moral de prendre un médecin Africain alors que son pays d’origine vit une crise de sante hors de proportion avec celle vécue en occident (voir la carte ci-dessous)? L’argument n’est pas mauvais mais je me demandais si c’était la raison principale.




C’est alors que vint la deuxième raison: si tu veux pouvoir récolter à nouveau, il te faut semer régulièrement… Quoi? Comme vous aurez pu le remarquer, je ne parle pas directement d’agriculture mais bien de sous-traitance des professionnels de la santé. Ces immigrants ont une telle importance pour l’Alberta, que la province ne pense pas seulement a la manière de les attirer maintenant, mais aussi de la meilleur manière de les attirer dans le futur. Chose impossible si la source se tarît. La province veut donc payer les universités ayant formés leurs immigrants de la sante afin de s’assurer que ceux-ci continueront d’avoir les moyens de former et d’ensuite leur exporter ces produits exotiques et si importants… Ni plus, ni moins qu’un plan de sous-traitance, sur le long terme, de la formation des professionnels du système de santé Albertain.

Il reste que je trouvais bizarre que l’on décide de dépenser cet argent à l’extérieur plutôt qu’a l’interne. Ne pourrait-on dépenser cet argent ici afin de produire des médecins locaux? Du même coup laissant tranquille les médecins de l’Afrique ou de l’Asie du Sud? La réponse fut la aussi on ne peut plus claire: former un médecin au Canada coute une fortune, la sous-traitance revient bien moins cher… Le choix de prendre le médecin étranger et par la suite redonner afin que la prochaine génération éclose coule donc de source… Cependant, on peut tout de même se poser des questions sur la logique de la chose. Si on doit payer pour les professionnels du système de santé, sous l’argument qu’ils ont une valeur très grande pour le pays d’origine et que l’on veut pouvoir continuer à les recevoir, alors devra-t-on payer pour chaque immigrant débarquant au Canada. Apres tout, les travailleurs de la santé ne sont pas les seuls à avoir une valeur. Chaque immigrant représentant une mine de savoirs et de connaissances… Se devra-t-on alors de payer en fonction de l’emploi? De l’âge? Ou encore en fonction de l’éducation? C’est non –seulement très compliqué mais ca devient en plus très ressemblant à un marché aux esclaves… Enfin, quelque soit le point de vue, ca reste très particulier.

Pensez-y bien, est-ce que ca pourrait exister ailleurs? Est-ce que ca pourrait exister dans un endroit où les gens ne valorisent pas autant l’immigration? Dans un endroit qui ne serait pas aussi mercantile? Est-ce que ca pourrait exister en un endroit où l’on ne reçoit pas autant d’immigration? Je ne le crois pas et c’est ce qui représente une des plus grandes particularités que j’ai pu déceler en Alberta.

samedi 24 mai 2008

Amerindiens et sans-abris


Edmonton est une ville prospère, je dirais même très prospère. Ce qui n'empêche pas que la misère crasse soit présente a tous les coins de rues. Cette misère a un nom et c'est les sans-abris. La ville en est en fait gorgée, surtout dans le Nord mais ils sont aussi visibles sur l'entièreté des grandes rues de la ville. Pas de blague, ca enlève une bonne partie du verni "civilise" de la capitale provinciale. Ils vous interpellent continuellement: "t'aurais pas un peu d'argent?", "tu pourrais pas me dépanner?", "t'aurais pas du crack?". Hein!!! Ben oui, il ne reste plus qu'ils viennent me demander du Cristal Meth ou de l'héroïne pis je vais vraiment me mettre à paniquer...

Cette réalité n'est dans le fond pas si surprenante, cette province vit un boum économique important, des opportunités sont présentes un peu partout et des gens de partout viennent justement essayer d'en profiter. Ce contexte très capitaliste permet a la majorité de bien s'en tirer mais fait aussi des laissez pour compte. Car si certains ne profites pas des occasions, la société est bien trop occupée dans sa course en avant pour s'arrêter et s'occuper des âmes perdues qui se sont égarées en chemin. Le résultat est tristement évident, une sous-classe de citoyen n'ayant nulle part sa place et n'arrivant pas à s'en sortir. En ne les aidant pas, tout le monde en souffre. Tout spécialement car le résultat de cette pauvreté innommable est un niveau de criminalité très élève, du crack, de la prostitution et tant d'autres problèmes a même la rue.

Bon, il est maintenant temps que j'en revienne à mon titre. Je sais que de mettre "sans abris" directement à cote "d'amérindiens" dans le titre de mon éditorial peut sembler assez provocateur. Il y a malheureusement de bonnes raison de faire ce rapprochement dans le cas d'Edmonton. S'il y a des sans-abris blancs, noirs ou peut-être même asiatiques, le gros du contingent (sinon la quasi-totalité) sont en fait des amérindiens. Ce qui est particulièrement affolant quand on considère qu'ils ne forment qu'une très petite proportion de la population totale de la province. C'est donc un exode que semblent vivre les amérindiens de l'Alberta: quitter leurs réserves afin de venir échouer dans le rues de la capitale (ou de la metropole)... On m'a dit que certains réussissaient à s'intégrer et vivre des vies d'Albertains normaux mais l'évidence est de reconnaitre que pour beaucoup le destin est nettement plus cruel. On sent son cœur se serrer quand on pense a la version officielle des relations entre blancs et autochtones dans l'Ouest du pays: alliance entre fiers Pieds Noirs et Européens. Ces peuples sont toujours visibles mais il semblerait qu'un des deux n'ait pas réussit à s'en sortir aussi bien que l'autre...

jeudi 15 mai 2008

Voitures, Pietons et bicyclettes.


Oui, plus qu'un fait divers, la cohabitation entre les voitures, les piétons et les bicyclettes (peut-être pourrait-on aussi insérer les autobus), est remarquable et me semble très indicative de la société Edmontonienne (est-ce que ca se dit?). Sans trop exagérer, je crois bien qu'Edmonton (je n'oserais étendre mon pronostique a l'ensemble de la province) est le paradis des bicyclettes en Amérique du Nord (ce n’est pas la Hollande mais bon...), je crois que je pourrais certainement étendre l'argument aussi pour les piétons.

Ca n'est pas qu'il y ait tant de piste cyclable, je ne crois pas qu'en proportion il y en ait plus qu'a Québec ou Montréal, mais plutôt qu'ici les gens conduisent différemment. Bon, je sais! C'est bien stéréotypé mais... C'est vrai! A Edmonton, les gens conduisent tranquillement, respectent le code de la route, laisse la priorité aux piétons et acceptent de voir des bicyclettes sur la route. Normalement, on ne vous klaxonne pas pour le crime d'oser se déplacer sur deux roues (ce qui, chez les Québécois, est évidemment un crime punissable et châtiable par insulte et ou klaxonnage jusqu'a ce que mort s'ensuive).

En gros et bien qu'il existe une minorité d'imbécile (comme c'est le cas n’ importe où), la majorité des conducteurs automobiles sont polis et patients. Ce qui résulte par une amélioration de la qualité de vie de tout le monde (oui, oui, tout le monde, pas seulement les cyclistes). De plus, on remarquera que l'Alberta a, en proportion, nettement moins d'accidents, de blesses et de morts sur la route que le Québec. Espérons donc que nos chauffards Québécois apprendront à se civiliser au même niveau que nos voisins Albertains.

dimanche 11 mai 2008

Introduction tardive et présence verticale


Pardon, oui mille fois pardon pour le manque d'explication, lors de mon dernier article, a propos du but de ces chroniques Albertaines. J'étais tellement excite et je devrais aussi dire un tantinet fatigue, que je n'ai même pas pense à expliquer le but de ces chroniques. Vous pourrez toujours me répondre que d'avoir un but précis n'est pas nécessairement essentiel mais bon, disons que ca permet de faire la différence entre un amas de mots et pensées éparses et de l'autre, une évolution de la pensée humaine. Précisons que ces chroniques essaieront de viser le deuxième objectif mais qu'il est tout à fait réaliste (et probable) de penser qu'elles traineront plutôt dans les eaux des pensées éparses... Donc ce but: mieux comprendre la réalité albertaine (au travers de sa capitale) et ainsi voir ce qui peut nous rapprocher ou nous diviser, comme Nord-Américains. Je me permettrai donc quelques commentaires sur la réalité de la vie des gens de cette province, parfois cela se limitera aussi a quelques faits divers, le but final étant d'effectuer une certaine réfection... Qui est évidemment encore inconnue pour le moment. Espérons, de un, que tout cet exercice ne s'arrêtera pas a quelques stéréotypes et de deux, que ca vous intéressera un peu.

Donc, une fois cette introduction tardive faite, passons maintenant au sujet de la chronique journalière: j'ai finalement réussi à trouver du vertical a Edmonton. Ce n’est pas comme si c'était si difficile a trouver mais disons simplement que j'étais du mauvais cote de la rivière la dernière fois que j'ai nourrie cette chronique. J'étais alors tout proche du campus universitaire et mes découvertes s'étaient encore limitées a la "White Avenue" (l'équivalant de la Grande Allée ou Crescent made in Edmonton). Le problème avec la "White Avenue"

Oui, si la dernière fois j'ai cru bon de passer quelques commentaires, j'ai depuis pu commencer à gouter au vertical d'Edmonton et j'oserais dire, a plus d'un niveau.

Premièrement l'architecture: la ou la "White avenue" était d'un plat reboutant (certain la comparant a Brossard), le reste de la ville n'est pas nécessairement semblable. J'y ai trouve un centre-ville très développé et tout en hauteur mais aussi des bâtiments (tel un centre d'achat) a la forme d'un bizarre (positif) exceptionnel (on aurait cru des minarets ou encore des clochers d'église). Difficile de comprendre, d'un cote le cote quadrillé de la ville (a l'Américaine) et de l'autre une certaine permissibilite au niveau de l'architecture... Le parlement est aussi un bon exemple de bâtiment classique bien réussi.

La cote naturelle n'est pas non plus nécessairement un succès, la ville écrasant un peu tout. Cependant, il y reste encore beaucoup d'arbres et tout le pourtour de la rivière est bien conserve. Comme c'est l'habitude anglaise, on y trouve aussi une bonne quantité de parcs, donc un tres charmant (Howrlak... Horlak... Sais pas trop). Ils ont réussi à conserver des espaces naturels, a même la ville, qui sont suffisamment trompe l'œil pour nous faire oublier la présence de la métropole.
En gros, ca en fait une ville plus intéressante qu’il n’y semblait au premier regard.

samedi 10 mai 2008

Aberta Anno Zero


Voici le tout debut de mes chroniques Albertaines et evidemment, j'en ai bien peu a dire sur le sujet pour le moment (n'etant point encore initie a ce nouvel environnement). Mon seul commentaire sera donc: le vide. N'allez pas vous imaginer qu'Edmonton est vide mais simplement qu'apres mon premier tour en ville (donc un point de vue tres superficiel) rien ne me reste vraiment comme sensation. Pas d'ame qui frappe ou qui accroche comme cela peut etre le cas dans certaines autres villes. Des la premiere journee a Barcelone on ressent quelque chose, une vie puissante et presente. Meme chose pour des ville comme Paris, Venise, Montreal, Boston, etc. Elles laissent immediatement une impression, chacunes a leur maniere, mais ca n'est pas vraiment le cas d'Edmonton. Juste une certaine impression de neutralite, couplee a une topographie reellement plate et une urbanisation rectiligne dans son horizontalite. Voici donc ma premiere impression mais j'espere bien pouvoir bientot vous en dire plus sur mon nouveau milieu de vie.

Finalement, je me dois de preciser que si je fais un clin d'œil (dans le titre) au film de Roberto Rossellini, n'allez pas vous imaginer que ca se veuille réellement un parallèle. Enfin, disons un maigre parallele mais surtout un petit sourire a un prejuge qui sera bientot, je l'espere, dementi.
 
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