Affichage des articles dont le libellé est Finance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Finance. Afficher tous les articles

vendredi 15 janvier 2010

Jean-François Lisée frappe encore juste!


Jean-François Lisée (membre du PQ et ancien conseiller politique de Parizeau et de Bouchard), est un homme aux qualités rares: d'un côté il est doté d'un esprit original et effervescent, de l'autre et c'est tout à son avantage, d'un solide sens de la réalité et du concret. Autrement dit, c’est un original qui a certainement une utilité réelle dans un Québec comme celui qui est le nôtre : une société qui fait face à de multiples défis et qui devra se débattre dans l’avenir proche afin de ne pas se faire ratatiner par les multiples contraintes auxquelles nous aurons à faire face sous-peu.

Lisée est, c’est le moins qu’on puisse dire, un homme passionné par le Québec et les défis qui nous attendent. Comme c’est à son habitude, il nous a récemment fait des propositions. En fait, pour être plus précis, il a décidé de donner des conseils au ministre des finances du Québec, monsieur Raymond Bachand.

Aucune idée si celui-ci sera moindrement intéressé par ce que Lisée veut lui proposer mais je crois que tout Québécois intéressé par notre avenir commun se devrait d’y jeter un coup d’œil.

Voici donc les quatre « lettres » qu’il a envoyées au ministre, bonne lecture :
1. À quel prix l’équilibre?
2. Est-ce l’heure des taxes?
3. Tarifer au cube?
4. Pour un Québec enrichi!

Précisons tout de même que je ne suis pas nécessairement en accord avec chacun des points proposés par Lisée mais ce qui me semble important, c’est qu’il voit juste dans l’ensemble et qu’il comprend le poids du pouvoir. Il ne propose pas un rêve et je suis convaincu qu’avec les réformes qu’il propose, notre Québec s’en tirerait mieux.

mercredi 4 novembre 2009

La dette fait mal au Québec

Portrait de la dette du gouvernement du Québec: 128 milliards de dette nette et c'est sans compter notre part de la dette fédérale.

Je ne vous étonnerai certainement pas en vous disant que le Québec a un grave problème au niveau de ses finances publiques. On en parle depuis des années et semblerait-il, on n'a toujours pas fait le tour du sujet ou du moins, on n'a certainement pas réglé le problème. Évidemment, la province a atteint l'équilibre budgétaire en 98 et le continue de le faire depuis. Enfin, pas vraiment puisque la dette augmente tout de même mais disons qu'on peut habituellement parler d'un équilibre comptable. Le problème est qu'avec la crise économique actuelle, toute tentative d'équilibre budgétaire devient absolument impensable.

Nous allons donc tout droit vers un précipice car, si le Québec a encore les moyens de payer cette dette très lourde (la faillite ne nous guettant pas du jour au lendemain), les intérêts que nous avons à débourser nous empêchent de développer adéquatement notre économie. Selon Michel Girard de la Presse, les intérêts sur la dette totale du Québec (Provinciale et fédérale) coûtent maintenant à la province 12 milliards de dollars par année!

Car si le gouvernement du Québec a une dette nette de 128 milliards, il ne faut pas oublier que la province paye aussi, indirectement, sa part de la dette canadienne. Ce qui monte à près de 122 milliards supplémentaires. On combine tout ça ensemble et ça nous donne un beau gros 250 milliards de dollars de dette (85% du PIB) et 12 milliards d'intérêts sur la dette (environ 7 milliards pour le Québec et un autre 5 pour le fédéral).

Évidemment, le Québec a les "moyens" de payer ces montants, année après année mais imaginez ce que le Québec pourrait faire avec ces montants si nous arrivions à nous débarrasser de la dette. 12 milliards, ça représente à peu près la grosseur de notre ministère de l'éducation... Pensez aux universités, au système de santé, aux infrastructures, qu'on pourrait se payer si cette dette ne nous étranglait pas.

Enfin, comme je vous l'ait dit, ce n'est rien de bien nouveau mais c'est une raison de plus d'envisager des hausses du coût de l'électricité. Hydro Québec pourrait nous donner un sérieux coup de main pour nous en sortir. Surtout qu'avec une population vieillissante, on ne peut pas s'attendre à ce que nos problèmes se règlent d'eux-mêmes.

mardi 17 mars 2009

AIG: L'indécence des bonus


Alors que l'assureur gigantesque AIG (American International Group) est sur le bord de la faillite et que seul l'aide gouvernementale garde la compagnie à flot, des bonus substantiels sont versés aux employés.

Vous avez sans aucun doute dû suivre l'histoire de près ou de loin, tant cette nouvelle a créé un émoi, plus que palpable, chez nos voisins du sud. Le sujet étant de première importance, je vais donc commencer par rapidement vous expliquer la situation de base des activités de la compagnie, pour ensuite en venir à la fameuse question des bonus.

Historique et risque mal calculé
En effet, la compagnie d'assurance AIG, un des trois plus importants assureurs au monde est, depuis le début de la récente crise financière et économique, dans une situation financière excessivement mauvaise (pour ne pas dire catastrophique). Cette compagnie, que l'on considérait il y a peu comme non-seulement très rentable mais aussi comme un point central de l'économie américaine, est maintenant devenu un incinérateur colossal, brûlant l'argent des investisseurs et des contribuables à une vitesse jamais vue (62 milliards de perte au dernier trimestre de 2008).

Quel est le problème? Principalement, le problème d'AIG est que cette entreprise n'a pas suivi la voie qui lui avait permis de devenir le numéro 1 mondial. Au cours des dernières années, au lieu de s'en tenir à la vente d'assurance vie, AIG se transforma progressivement en une entreprise de gestion financière (Hedge fund) beaucoup plus large. L'affaire semblait profitable et l'assureur décida de s'impliquer à plein dans les subprimes (comme ce fut le cas de plusieurs autres banques américaines). Évidemment, le tout était beaucoup trop risqué et lorsque le marché de l'immobilier se mis à tomber, la bombe leur explosa entre les mains. Erreur d'autant plus grave puisqu'une compagnie d'assurance est sensé être une spécialiste du calcul du risque, calcul qui fut gravement erroné dans le cas présent... De plus, la structure administrative d'AIG était compliqué à un point tel que toute restructuration de l'entreprise devenait un vrai casse-tête. Problème particulièrement grave étant donné les pertes monstrueuses actuelles.

Face à un tel problème, la théorie voudrait que l'on laisse cette compagnie faire faillite, que les sections insolvables meurent et que le reste soit revendu. Le problème est qu'une telle approche ne semble pas être possible avec AIG; son importance financière étant telle aux É-U que son échec risquerait d'entraîner l'ensemble du système financier américain dans la banqueroute (ce qui aurait des effets désastreux sur l'ensemble de la planète).

Nationalisation
Autrement dit, le système financier étant incapable de se sauver lui-même et les conséquences sur l'économie mondiale étant hors de proportion, il fallait que quelqu'un d'autre trouve une solution. Cette tâche ingrate fut évidemment octroyée au gouvernement américain. Celui-ci décida donc de prêter de larges sommes d'argent à AIG (ainsi qu'à de multiples autres institutions financières). En tout et pour tout, près de 170 milliards de dollars furent prêtés à AIG (au frais des contribuables), ce qui fait que la compagnie est maintenant possédé à 80% par l'État fédéral américain. La pilule était difficile à avaler pour les citoyens et contribuables mais après tout, si c'était absolument nécessaire, quoi faire d'autre?

Bonus
On en vient donc aux derniers jours et à l'annonce qu'AIG vient de faire, annonce précisant que 160 millions de dollars de bonus serait versé à la section financière d'AIG. Oui vous avez bien compris, 160 millions de bonus seront versés aux 400 employés de la section qui, par ses erreurs financières pathétiques, est en train de détruire l'économie américaine dans son ensemble... 160 millions de dollars pour les gens qui ont causé la crise, alors même que des millions d'américains sont en train de perdre leurs emplois! 160 millions de dollars pour récompenser des incompétents, alors même que le simple payeur de taxe doit financer l'entreprise et en même temps, essayer de survivre aux durs temps actuels. Il n'y a qu'une seule réponse à donner face à une telle situation: INACCEPTABLE!

Comment peut-on envisager de donner des primes au rendement à des gens qui ont détruit leur entreprise? Monsieur Liddy, PDG d'AIG depuis 6 mois (et n'est donc pas responsable des récents déboires), se confond en excuse et explique que ces ententes furent signés il y a plus d'un an et est donc obligé de les honorer. Sa position est tout à fait respectable et si les bonus ne représentait que de petits montants (la plupart sont des bonus de 1000$), la situation passerait sans trop de problème. Malheureusement, ces bonus représentent, en moyenne, 250 000$ par employés, ce qui est clairement et nettement trop pour les cancres qui ont détruits le système financier. Malgré tout, le gouvernement et monsieur Liddy semblent donc coincés,ne pouvant simplement résiliés les contrat déjà signés, ils se doivent de payer.

Par contre, si le gouvernement se doit de payer (afin de malheureusement récompenser l'incompétence) et si les simples citoyens doivent tout accepter au même moment que leurs vies sont en train de s'écrouler, sur quelle assise morale les employés "bonifiés" d'AIG pourraient-ils accepter ces bonis? Ne serait-il pas normal qu'eux-mêmes cessent de penser à ce que le monde leur "doit" et se mettent plutôt à réfléchir à leurs responsabilités dans ce fiasco? La moindre des choses ne serait-elle pas que si le gouvernement respecte ses ententes, que de l'autre les employés acceptent de refuser les bonis? Existe-t-il encore un minimum de décence chez ces gens, leur permettant de faire preuve de responsabilité et de solidarité? On ne leur demande pas de se faire Arakiri mais simplement de réparer les pots qu'ILS ont cassés.

Ceux qui refuseraient les bonus prouveraient au moins leur contrition. Pour ce qui est des autres; les créatures immorales qui ne pensent qu'à eux et qui refusent toute responsabilité dans ce qu'ils ont créé, la moindre choses seraient de les payer... mais ensuite de les identifier publiquement et que la honte (et la haine des contribuables) les suive pour toujours! Je sais que cela peut ressembler à une chasse aux sorcières et c'est honnêtement plutôt près de la réalité mais des fois, trop c'est trop et si certaines personnes n'ont aucun remord et ne ressente aucune honte, alors il faut que la société leur fasse bien comprendre qu'ils seront dorénavant des parias. Voilà quelle devrait être la conséquence de leurs actions: ils seront riches mais éternellement détestés de tous!
 
Site Meter