lundi 31 mars 2008

Renvoyer Lucifer?


Question théologique mais ayant application pratique: est-il possible de mettre Lucifer à la porte? Les Zimbabwéens ont, cette fin de semaine, tenté de tester cette problématique. Plus précisément, lors de l'élection venant d'avoir lieue, la population aurait (aucun résultat officiel n'est encore sortit) massivement voté pour l'opposition, mettant Robert Mugabe (Lucifer) dans une position plutôt délicate. Ça n'est pas comme si notre petit Belzebuth était une vierge du trucage électoral mais simplement qu'il y a "truquer" et "truquer"... Une fois qu'on a fait voter l'ensemble des morts des dernières années, inventé des identités, empêché l'opposition de s'exprimer ou carrément assassiné les membres dérangeants de l'opposition et que malgré tout on perd toujours par une grande marge, ça devient compliqué de justifier sa victoire.

Il serait donc possible, je dis bien possible, pour une population de mettre à la porte Lucifer. Mais, MAIS, Lucifer acceptera-t-il de se faire renvoyer? Après tout ce type d'individu n'a habituellement pas peur de s'imposer si c'est possible. La possibilité de simplement bruler les ballots et de suite envoyer l'armée dans les rues (en plus d'assassiner les derniers nuisibles s'opposants à lui) devenant certainement très tentante.

Enfin, quel que soit le dénouement de cette histoire, félicitons les Zimbabwéens pour avoir, bien que beaucoup trop tard, exprimé la volonté de foutre à la porte un des avatars de Lucifer sur Terre. La suite des choses nous montrera si: Lucifer peut accepter de se faire mettre à la porte et aussi, si dans un tel cas, la simple population saura "insister" au point de l'envoyer directement à la retraite forcée derrière les barreaux et ou dans les flammes de l'enfer.

dimanche 30 mars 2008

La ligne brisée: 6,5/10


Que puis-je attendre de ce film? Voilà ce que je me disais avant d'aller le voir. C'est vrai que de le prétendre exceptionnel serait passablement ridicule mais il faut quand même reconnaître un bon travail. Voilà se qu'est ce film, une histoire honnête (à l'exception d'une invraisemblance majeure) qui coule plutôt bien et surtout une très bonne introspection sur le monde de la boxe. Je sais que ça n'intéresse pas tout le monde mais si vous voulez vous y risquer, peut-être que ça vous aidera à mieux comprendre cet univers (selon moi vraiment incompris).

Yvon Michel, président du groupe GYM (une des deux associations professionnelles de boxe du Québec), dirige tout le côté technique du film. Michel connait son affaire et cela transpire sur l'ensemble du film, on y voit le côté technique, physique, mental, émotionnel et surtout préparatoire ou peut-être devrais-je dire, surtout émotionnel de ce sport. La production gagne aussi beaucoup en crédibilité puisqu'on y voit une bonne quantité de boxeurs professionnels (pour la plupart du groupe GYM). Il n'y a pas d'opposant anonyme mais bien des Ngoudjo et LoGreco. On y voit aussi Luntchi en entraînement et les frères Grant dans leurs rôles d'entraineurs. Le tout n'est pas qu'une question de caméo, ça a amené un certain sérieux à l'ensemble du film.

Je terminerai en disant que si ça n'est pas un film exceptionnel, ça reste tout de même le meilleur traitant de la boxe (à l'exception notable, évidemment, de Raging Bull). Donc une très belle avancée pour la boxe québécoise mais aussi pour le cinéma québécois, qui aura réussi, avec succès, à traiter sérieusement d'un sujet jusqu'à maintenant hors d'atteinte de notre cinéma national.

Obscurantisme américain


Encore un commentaire négatif sur les États-Unis... Vous allez certainement commencer à penser que je n'ai que des mots durs pour nos voisins du Sud mais c'est partiellement faux, car il y a beaucoup que je respecte au pays des Yankees. Il est par contre tout à fait vrai que je compte bien descendre les maîtres du monde actuel sur un sujet particulier: l'obscurantisme et le rejet du monde intellectuel.

Précisons, je ne veux pas du tout dire qu'il n'y a pas d'intellectuel aux États-Unis, ce qui serait tout à fait faux mais plutôt que le manque d'orientation de la population générale vers les questions "intellectuelles" (même de bases) est vraiment préoccupant pour l'avenir de ce pays. Les États-Unis n'ont plus d'avantage technologique face à la plupart de ses compétiteurs, n'a pas un système d'éducation à la hauteur des pays développés (sauf pour ce qui est de l'universitaire) et crée une idéologie populaire au travers de laquelle la simplicité est récompensée (ce qui n'est pas mal en soit) mais où aussi être intellectuellement sensible est vu comme de la pédanterie. Un bon exemple de cette dernière affirmation fut l'affection initiale pour une très "simple" George W. Bush et le désaveu des "pédants" Al Gore ou encore John Kerry.

Cette manière de concevoir les choses a eut des conséquences graves et je suis loin d'être le seul à le dénoncer. Dans son dernier article (‘With a Few More Brains ...’ ,30 mars 2008) Nicholas D. Kristof, éditorialiste réputé du N-Y Times s'attaque au sujet et le fait avec brillo. Je me fais donc l'entremetteur de certaines données (les plus comiques) diffusées dans cet article.

- Aux É-U la proportion de gens croyant aux soucoupes volantes est la même que ceux qui croient en la validité de la théorie de l'évolution. Vous avez bien compris, seulement entre 30 et 40 pourcent de la population américaine a été convaincu par les arguments de Darwin. D'ailleurs George W. Bush et Ronald Reagan ont déjà publiquement annoncé qu'ils ne croyaient pas à cette dite "théorie".

- Seulement 1 américain sur 10 sait ce qu'est une radiation et 1 sur 3 comprend la fonction de l'ADN. Pire encore, 1 américain sur 5 croit encore que le soleil tourne autour de la terre... Là on commence à reculer loin dans les avancées intellectuelles de l'humanité... À quand l'Amish Airlines?

Que dire de plus? Sinon qu'il est à souhaiter que les américains sauront sortir du bourbier de l'ignorance et que nous apprendrons à ne pas faire la même erreur. Soit dit en passant, je ne suis pas certain que les Canadiens puissent se vanter d'être tellement plus "intelligent" que leurs voisins du Sud, évitons donc de tomber dans le même guêpier. Un peu d'élitisme n'est pas toujours mauvais, surtout quand il se concentre autour d'une valorisation de l'éducation.

L'ivresse du pouvoir: 6/10


Un des plus récents films de Claude Chabrol, L'ivresse du pouvoir n'est malheureusement pas tout ce dont à quoi on pourrait s'attendre. Si Isabelle Hupert est toujours aussi excellente dans son rôle, le reste du film ne tient pas le coup. C'est une oeuvre bavarde mais sans jamais toucher les sujets importants, un certain vague restant toujours en suspend. On suit une juge d'instruction cherchant à trainer les grands bonzes des finances devant la justice mais sans jamais saisir les problèmes ou accrocs importants des causes, tout cela ne semblant qu'accessoire. Le film s'en tenant plutôt aux rapports entre les accusés et l'accusatrice ou entre la justicière et les gens l'entourant: mari, compagnons de travail, neveu déluré...

Le film pose toute fois une question intéressante: lors d'une quête juste et droite, à partir de où le justicier commence-t-il à dévier de sa course? Qu'est-ce qui le pousse à continuer: le droit, la justice ou encore la satisfaction de faire "mieux" que les autres ou pire encore, l'ivresse qu'apporte la tâche de faire justice et donc le pouvoir venant avec? L'avantage de pouvoir, en très peu de temps et au nom de la justice, s'attaquer à beaucoup plus grands et plus forts... À partir de quel moment alors un tel individu dépasse-t-il ses prérogatives, recherchant son intérêt personnel au lieu du bien commun?

Comme vous pourrez le constater, cette question est extrêmement pertinente à notre époque de vedettes du monde judiciaire. Nous n'aurons qu'à penser au juge Gomery, au Canada, qui à la suite du rapport des commandites, se permit d'attaquer le monde politique dans son ensemble, volant l'attention médiatique du même coup.

C'est donc un film plutôt décevant, rempli de scènes plus ou moins vides d'intérêt. Cependant l'idée principale du film est intéressante et vaut le détour, Chabrol nous prouvant qu'il en a encore assez pour nous étonner.

Bananas: 7,5/10


Woody Allen dans toute sa grandeur et sa folie, voilà ce que nous offre Bananas, quasi chef-d’œuvre de l'humour absurde. Quasi, je tiens à préciser, car le film a certaines longueurs et plusieurs des gagues sont plutôt puériles, par contre l'ensemble est définitivement trop bon pour ne pas être reconnu comme tel.

Le délire du controversé Woody Allen nous amène cette fois dans la vie du typique petit juif idiot et raté (personnage type de Woody Allen). La présentation se fait cette fois dans le contexte de la guerre froide et des relations tendues entre l'Amérique et les dictatures révolutionnaires des caraïbes. C'est là que le personnage principal intervient, changeant drastiquement le cours de l'histoire, passant de simple testeur de produit, à analyste de la politique latino-américaine, pour finalement être utilisé comme appât par l'État de San Marcos, puis révolutionnaire et finalement "El Presidente" de la république.

En gros, ça tire de partout et les blagues sont hilarantes, si vous aimez Woody, vous aimerez Bananas.

vendredi 28 mars 2008

Fitna: et les problèmes recommences...


Fitna, terme en langue arabe référant à la guerre civile, à la division de l'Islam et finalement la foi livrée aux démons de l'extrémisme (citation plus ou moins fiable de Wikipédia).

Après les caricatures de Mahomet, voici maintenant Fitna et pariez qu'encore une fois les rues de tout le monde musulman seront bondées de manifestants furieux. Pourquoi le seraient-ils? Parce que Fitna est un manifeste vidéo conçu par Geert Wilder, un député d'extrême droite hollandais, qui cherche à dénoncer la violence inhérente de l'Islam et de son livre sacré, le Coran. Regardez le vidéo ci-dessus (un extrait du court métrage de 16 minutes) et vous saisirez immédiatement en quoi ce film ne passera pas inaperçu sur la scène mondiale.

L'argument de Wilder est évidemment pernicieux mais parions qu'il réussira à toucher plus d'une personne en occident. La corrélation, entre paroles du Coran et actions violentes prises par des monstres humains étant malencontreusement musulmans, est tentante mais est avant tout fallacieuse. Je ne suis pas un spécialiste du Coran mais je trouve que l'association est beaucoup trop facile. Il est vrai qu'il est choquant pour moi d'entendre que le Coran demande le massacre des infidèles (surtout que j'en suis un) mais ces paroles sont-elles vraiment représentatives de l'oeuvre. De plus, la plupart des musulmans en prennent-ils acte (à part les Ben Laden et cie)? Le film de Wilder passe par mille raccourcis afin de ne prôner qu'une seule idée: ces gens sont des bêtes sauvages et nous devrions les éviter à tout prix! Affirmation ridicule, car si certaines populations pauvres et sans-éducation du Moyen-Orient ont parfois semblées trop ouvrir la porte à l'extrémisme ou à la violence, les raisons de ces écarts peuvent être tout autant reliées à la direction corrompue de leurs dirigeants, à la pauvreté crasse, à l'éducation déficiente et finalement à un contexte géopolitique incroyablement compliqué et violent. Il n'y a aucun doute qu'il faille attaquer et dénoncer toutes violences et intolérances que certains milieux islamistes essayent d'imposer de par le monde et jusqu'en occident, mais cela ne justifie en rien de les mettre tous dans le même bateau. Cela ne ferait que forcer tout un ensemble religieux et culturel dans un rôle d'extrémisme violent.

Pour terminer, je voudrais proposer un projet à monsieur Wilder: faire le même genre de vidéo mais avec des citations de la bible (et oui, il y a aussi des incitations à la violence et des récits de guerre "sainte" dans la bible mais ces passages ne sont pas représentatifs de la bible et les chrétiens ne sont pas des bêtes enragées pour autant) et des séquences d'images de la guerre en Irak et de Guantanamo... Un tel court-métrage serait certainement tout aussi marquant que celui sur l'Islam.

jeudi 27 mars 2008

Sleepy Hollow: 6,5/10


Une chose à ne jamais douter: Tim Burton sait comment créer des ambiances. Besoin d'images saisissantes et d'impressions morbides, Tim Burton est votre homme. Dans ce film qui date déjà un peu, Sleepy Hollow, le très reconnu réalisateur nous prouve encore la subtilité de son talent.

Sleepy Hollow est en fait une adaptation d'une vieille légende américaine, évidemment Burton ne se limite pas et se permet de multiples adaptations lors du récit. Le résultat en est plutôt satisfaisant mais il faut préciser que là où les effets spéciaux, l'ambiance et Johnny Depp font bien le travail, ça n'est pas nécessairement le cas de l'ensemble du film. Le tout est traité avec beaucoup de légèreté, ce qui enlève une bonne partie du cachet terrifiant et fantastique. De plus le jeu des autres acteurs est, pour le moins, peu marquant. Finalement, certaines exagérations (telle l'explosion du moulin) s'approchent carrément du ridicule. Conclusion: un bon film, divertissant et très esthétique mais manquant clairement de profondeur.

mercredi 26 mars 2008

Hannibal Lecter, les origines du mal: 2,5/10


C'est fou comme parfois on ne sait pas quand s'arrêter et ce dernier (espérons le) film de la série sur le tueur Hannibal Lecter en est le meilleur exemple. Mauvais, mal joué, pas crédible et tellement trop violent. Le Silence des Agneaux était très bien mais rien de valable n'a été fait depuis, bien que tout aurait pu sembler acceptable comparé à cette "genèse du mal".

mardi 25 mars 2008

J'ai peur!


J'ai peur, oui je dois le dire, notre époque en est une de paix pour l'occident mais ceux qui auront vécus les tensions de la guerre froide pourront comprendre cette impression que chaque pas peut amener un glissement, un possible dérapage aux conséquences funestes. Évidemment la guerre froide est terminée et le monde vit maintenant en "paix" (toute relative évidemment).

Alors de quoi ai-je donc peur? Réponse: j'ai peur que cette folie collective, qu'était la guerre froide, ne soit insidieusement en train de se recomposer. De se reformuler, toute fois, avec une nouvelle donnée: la Chine.

Bon d'accord je paranoïe un brin, cependant il faut bien regarder comme l'occident en général et les États-Unis en particulier semblent considérer l'Empire du Milieu comme un opposant plutôt que comme un partenaire. Cette attitude est particulièrement clair au niveau économique, diplomatique mais aussi pour ce qui est de l'environnement et surtout au niveau militaire. Les É-U accusant continuellement la république populaire de ne pas avouer ses véritables budgets militaires, de mettre une pression militaire excessive sur Taïwan et de ne pas respecter les eaux nationales japonaises... L'ambiance n'est donc pas à la coopération et les derniers événements au Tibet ne font que rendre tout cela on ne peut plus clair.

De l'autre côté, la Chine ne cherche définitivement pas la confrontation pure et simple, ses dirigeants comprenant (peu importe leurs possibles intentions réelles) qu'un conflit avec l'occident ne se résoudrait pas à leur avantage. Tout cela n'empêche cependant pas la Chine d'avoir une attitude extrêmement nationaliste et bien peu ouverte aux conceptions occidentales, et jusqu'à un certain point, internationales... D'accord! Du calme! Je sais que cette dernière phrase va sembler provocatrice et chauviniste. Qui suis-je pour déterminer si la Chine, ou sa population, est ouverte aux valeurs occidentales ou internationales? Mon argument s'articulera autour de la toute nouvelle crise tibétaine.

Oui, le Tibet nous montre beaucoup sur une réalité chinoise: un nationalisme exacerbé. Car s'il est plutôt difficile de déterminer le chiffre réel des pertes humaines causées par la répression faite par l'État Chinois (ou si l'indépendance totale ou une simple autonomie conviendrait mieux aux deux parties), un fait reste certain: des Tibétains semblent vouloir se séparer de la Chine et faire revenir leur chef sacré, le Dalaï Lama. Où est le fameux nationalisme? Dans la réaction de la population chinoise face à ce soulèvement (et à la cause tibétaine en général), l'essentiel se résumant à "Abattez-moi ces fouteux de trouble" et "L'occident n'essaye que de nous diviser, le Tibet n'étant qu'un prétexte". Ce message fut diffusé largement dans les médias chinois mais encore plus inquiétant, fut relayé largement par la population. Promenez-vous sur le net, entre autre sur Youtube et vous y trouverez de petites perles et sans même avoir à parler chinois. Le vidéo que je vous présente ici n'en est qu'un exemple:

http://www.youtube.com/watch?v=x9QNKB34cJo

Alors qu'en pensez-vous? Je ne parlerai évidemment pas du fond des "faits" présentés, la démagogie des arguments étant extrêmement évidente, n'en voici donc que quelques réponses rapides (pour la forme et parce que je me refuse de faire écho à des propos malhonnêtes sans en même temps essayer d'y faire contrepartie):
-Le fait que la Chine soit multiethnique ne justifie pas du tout la colonisation d’une population tierce (ex: le Tibet).
-Suffit-il de montrer des cartes géographiques afin de prouver que le Tibet a toujours fait partit de la Chine? Pas du tout, le Tibet a longtemps été le vassal de la Chine mais ceci a aussi été le cas de la Corée. La Corée (du Sud ou du Nord) en est-elle pour autant un territoire Chinois? Certainement pas, l'argument historique est donc partiellement fallacieux.
-Le vidéo affirme aussi que les colonisateurs Britanniques, ainsi que les anciens Dalaï Lamas, n'étaient pas des anges et en ont fait baver aux Tibétains. Tout à fait vrai mais cela légitime-t-il autant les Chinois à faire la même chose aujourd'hui? L'époque des empires européens est maintenant depuis longtemps révolue et la conscience des droits humains ayant beaucoup évolué depuis...
-La Chine dépense beaucoup d'argent au Tibet! Très bien, certainement cela aidera-t-il le développement de la province mais les britanniques auraient pu dire la même chose par rapport à plusieurs de leurs colonies. Cela rendait-il la colonisation plus acceptable?
-Le narrateur affirme que l'occident n'essaye de faire en Chine que ce qu'il a fait en Yougoslavie. Erreur ridicule de compréhension tout à fait dangereuse, car se sont les Serbes, avec leur politique nationaliste et leurs tentatives de nettoyages ethniques qui ont causé la chute de la Yougoslavie. La Chine devrait s'ajuster avant que la même chose ne lui arrive...
-Et finalement, ce vidéo se termine en disant que l'occident a tellement fait de mal dans l'histoire qu'il n'a rien à faire à en rajouter aujourd'hui (sinon qu'en foutant le camp d'Amérique du Nord). La faiblesse de l'argumentation est évidemment qu'il y a un monde de différence entre "hier" et "aujourd'hui". L'occident n'a jamais été pur mais il a fait un effort réel sur le sujet depuis les cinquante ou soixante dernières années, la Chine devrait faire de même (les droits de l'homme ayant légèrement évolués depuis Gengis Khan...). De plus, précisons que si certaines minorités en occident ne sont toujours pas indépendantes, elles ont toute fois la liberté de s'exprimer et de demander des référendums d'indépendances si c'est ce qu'elles souhaitent.
-Ce point mène au dernier argument du vidéo, que de faire des émeutes violentes n'est pas un moyen acceptable de demander l'indépendance (ou l'autonomie). Tout à fait vrai mais dîtes moi, comment peut-on faire autrement lorsque la démocratie est inexistante, que la liberté de presse tient du royaume des rêves et que toute manifestation pacifique sera réprimée? Quelle autre option reste-t-il?

Voilà la fin de ma contre-argumentation. Peu importe ce que vous pourrez penser des arguments du vidéo ou encore de mes contre-arguments, vous pourrez certainement remarquer une très grande agressivité dans les propos, on est ici assez loin du débat d'idée. On ne répond que par des "fuck", "vous n'êtes pas meilleur que nous" et finalement "on est là pour y rester, peu importe ce que le monde et le Tibet en diront", c'est un discours cynique, démagogique et clairement dangereux. Car après tout, serait-il possible que la question ne réside pas du tout autour de "qui est le meilleur"? L'occident pourrait-il être réellement concerné par les droits de l'homme et la survie du peuple tibétain? La réponse est un Non retentissant, l'auteur du film ne voit en l'occident qu'une nuisance cherchant à diminuer la Chine.

Ma conclusion est donc la même que mon introduction: j'ai peur (là tu peux dire que je paranoïe mon cher Gabster)! Car si ce genre de vidéo est représentatif de la population chinoise, on risquera d'être dans l'eau chaude d'ici peu... Tout ce que je peux souhaiter c'est que, premièrement, l'indépendance d'esprit de la population chinoise soit beaucoup plus grande que ce que nos médias ne le laissent entendre et deuxièmement, que la Chine avance rapidement sur ce sujet et comprenne que parfois la critique est essentielle (pas nécessairement une tentative d'humiliation), permettant de mieux avancer vers l'avenir. Une deuxième guerre froide ne serait salutaire pour personne, discutons afin de l'éviter!

Michael Clayton: 6/10


Tony Gilroy, le réalisateur de ce film, a plusieurs qualités et comme il la montré à plus d'une reprise, il sait comment diriger des acteurs (comme il nous l'avait prouvé avec Dolores Claiborne). Il réussit aussi très bien cet aspect dans Michael Clayton, George Clooney jouant possiblement le rôle de sa carrière.

Il est par contre plutôt triste de remarquer que ce film a bien peu à donner sinon pour la qualité du jeu des acteurs (il n'y a pas que Clooney qui mérite les compliments, Tilda Swinton et Tom Wilkinson ne laissant pas leur place). Donc un bon jeu d'acteur(s, trice, trices (aye! me voilà de nouveau pris par la bien-pensance...)) mais une histoire somme toute plutôt ordinaire (quelqu'un a déjà entendu parler de l'Initié?) et présentée très froidement. On ne se sent jamais au bout de son siège, ni particulièrement emphatique des problèmes vécus par les personnages. De plus, la fin est vraiment prévisible et quasiment calquée sur le bon vieux Wall Street. C'était bien mais attendez avant de passer à l'acte, ce film n'a vraiment pas de quoi vous inciter, d'enthousiasme, à vous jeter par la fenêtre...

lundi 24 mars 2008

Requiem pour un beau sans-coeur: 5/10


Robert Morin est, pour le moins qu'on puisse dire, un réalisateur inconstant. S'il m'avait vraiment impressionné (positivement) avec Le Nèg, il m'avait tout autant écoeuré avec Que Dieu bénisse l'Amérique. Avec Gildor Roy et son Requiem pour un beau sans-coeur il se positionne quelque part entre les deux précédents.

Je sais que mon propos risque de créer la controverse (heu... si peu mais j'aime bien me faire des illusions). La raison de la controverse est double: ceux de ma génération pourront difficilement s'imaginer Gildor Roy dans autre chose qu'un navet infernal. D'un autre côté, ce film de Robert Morin semble avoir réussi (ne me demandez pas pourquoi) à se créer une place de choix dans l'histoire du film québécois.

Il est vrai que le film a certaines qualités: la succession de points de vues subjectifs est intéressante. Le fait aussi que le film ne porte peu ou pas de jugement moral (du moins pas directement) nous laisse plus de liberté. D'un autre côté, l'histoire du beau sans-coeur est bourrée de stéréotypes, au point d'avoir parfois un côté ridicule. De plus, le jeu d'acteur laisse vraiment à désirer et l'enchaînement et la mise en contexte des scènes manque souvent de naturel.

Donc... Pas le pire échec de Robert Morin mais difficilement un film a recommandé. Honnêtement, tenez vous en aux valeurs sûres, Le Nèg est le film à voir de Robert Morin.

dimanche 23 mars 2008

Le guépard: 6,5/10


Luchino Visconti est un des grands réalisateurs italiens et Le Guépard est sensé être un de ses meilleurs films. Je dois malheureusement différé de la critique sur ce sujet. Le Guépard est un bon film, plein de réflections pertinentes sur l'Italie, la Sicile, les révolutions sociales et aussi beaucoup sur le poids que peut représenter une éducation et un passé. Donc, c'est clairement un film profond et intéressant à plusieurs niveaux (donc un jeu d'acteur exceptionnel de Burt Lancaster). Cependant, le film a aussi certaines faiblesses, la fresque d'époque est bien faite mais semble parfois un peu romancée, sans de nombreuses très longues longueurs (peut-être 1 heure de trop)... Essayez ce film si vous voulez appréciez une belle avancée dans un style un peu dépassé mais ne vous attendez pas à être renversés...

mardi 18 mars 2008

À la folie, pas du tout: 5,5/10


Il y a de ces films qui marquent et d'autres, évidemment, qui passent sans laisser de trace. À la folie, pas du tout est du deuxième type. Pas que le film de Laetitia Colombani soit si mauvais, l y a quelques bonnes idées mais tout de même beaucoup trop de remâché. Encore une de ces histoires de triangle amoureux dans laquelle une personne, littéralement folle à liée, essaye de s'imposer dans la vie d'un couple heureux... Vous connaissez sans doute le scénario, une version plus ou moins ressemblante passant automatiquement dans tout festival d'après-midi à TQS.

De plus, il faut faire mention pour le très mauvais jeu d'acteur d'Audrey Tautou. Mademoiselle Amélie Poulain voulait certainement briser le moule du rôle stéréotypé qui s'était fait autour d'elle mais il est clair qu'elle a, dans ce cas particulier, tout à fait manqué son coup.

Alors, ai-je aimé ce film à la folie? Pas du tout! Bon... Heum... Désolé pour la blague facile, car après tout ça n'est pas si mauvais comme production mais ne vous pressez pas pour le louer, un jour ou l'autre vous finirez bien par tomber dessus, en après-midi, à TQS...

lundi 17 mars 2008

Lord of the flies: 7/10


Qu'est-ce que Lord of the Flies? Un film de Peter Brook datant des années soixante, basé sur un livre à succès (William Golding, 1954). L'histoire de quelques gamins perdus sur une île déserte. Un Robinson Crusoé pour gamin? Pas du tout!

Ce film est en fait une fable (avec les animaux en moins) par laquelle l'auteur nous fait part de certaines constations sur l'être humain, le bien, le mal, la violence, le rapport en société, la démocratie, la science et tellement plus encore. Une somme de parallèles affolants peuvent être fait à partir de cette oeuvre. Pas que le film soit parfait, ni que tous les constats doivent être pris comme vérité absolue mais tout de même un travail intellectuel incroyable, beaucoup d'imagination et tout cela dans un contenant très accessible. À essayer!

samedi 15 mars 2008

Triste feu


Il y a de ces gens qui n'ont pas de chance, les Tibétains sont de ceux-ci. Depuis l'invasion chinoise de 1949, qui était justifiée, selon Pékin, par la suzeraineté historique de la Chine sur le Tibet, le territoire tibétain fut divisé en 4 provinces (province autonome du Tibet, Ganzu, Quinghai et Sichuan). Les problèmes de ce peuple sont bien connus de l'ensemble du monde occidental, pourtant l'indépendance semble être, à ce stade, aussi réaliste qu'un rêve à ciel ouvert. Le chef politique et spirituel tibétain, le Dalaï Lama, est en exil depuis maintenant 49 ans et rien ne nous indique qu'il pourra retourner en sa patrie avant sa mort.

C'est dans ce contexte que les révoltes ont commencées cette semaine à Lhasa, capital de la province chinoise autonome du Tibet. À l'image des manifestations birmanes de 2007, des moines bouddhistes sortirent afin de protester contre la présence chinoise. La séquence des événements n'est pas clair à ce point ci, d'ailleurs peut-être ne le serait-elle jamais (merci à l'opacité des médias chinois), mais ce qui est sûr c'est que la police est intervenu, que la population tibétaine de la ville décida d'appuyer les moines et que la manifestation se transforma en émeute. Magasins pillés, voitures renversées et brûlées, postes de polices attaqués... L'armée chinoise est rapidement intervenue, avec les tanks, afin de remettre l'ordre. Ce qui a évidemment calmé les émeutiers... Main de fer, pas de gant de velours!

L'incident ne fit pas fait place au calme plat pour autant, dans les derniers jours les émeutes se sont répandues dans les autres régions habitées par les tibétains. Des incidents similaires à ceux de Lhasa ayant aussi lieu dans les provinces du Sichuan et de Gansu. Là encore l'arrivée de l'armée eut l'effet "soporifique" attendu (certains parlent même de près de 100 morts et autant de blessés). Une question reste cependant en suspend: le feu de la révolte couve-t-il toujours?

Je suis évidemment bien mal informé pour répondre à cette question, tout ce que je peux dire c'est que même si la rage de liberté était toujours présente, haute sont les chances que ce peuple ne se défasse jamais de son joug. Les estimés du nombre de Tibétains, sujet polémique, sont loin d'être clairs. Une estimation les dénombreraient à près de 6 millions sur le territoire du Tibet historique, contre une population chinoise (Han et autres minorités) de près de 10 millions. La démographie est d'une réalité implacable, difficile de garder espoir pour le peuple tibétain.

jeudi 13 mars 2008

Un pas, pas long mais dans la bonne direction


Enfin une bonne nouvelle venant de Turquie, en fait soyons honnête, il y a plein de bonnes nouvelles qui viennent de Turquie: économie, démocratie, rapprochement entre valeurs de l'orient et de l'occident, etc. Malgré toutes celles-ci une manquait cruellement depuis des années: une bonne nouvelle concernant la minorité kurde. Les Kurdes, qui représentent entre 20 à 25 millions des citoyens de la Turquie (les chiffres diffèrent en fonction des sources), n'ont jamais eut le droit à quelque reconnaissance culturelle que ce soit. Cela a évidemment mené à des excès, la création du PKK et les hostilités de l'armée turque en Kurdistan irakien n'en sont que deux exemples. Je ne repartirai pas sur tout le topo, vous n'avez qu'à jeter un coup d'oeil sur l'article que j'ai rédigé sur le sujet en octobre dernier: http://dumondealalettre.blogspot.com/2007/10/turquie-vs-kudistan.html .

Le but de cet article n'est donc pas de ressassé ces mêmes tristes réalités mais plutôt de montrer en quoi le gouvernement d'Ankara semble commencer à ouvrir les yeux. Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, vient d'annoncer que son gouvernement proposerait un plan de développement sans précédent pour la région appauvrie du "Kurdistan" de Turquie. Ce seront premièrement des sommes importantes, près de 12 milliards de dollars, qui seront dépensées sur les infrastructures de la région. Le but est de créer de l'emploi afin que les jeunes aient d'autres alternatives que de prendre les armes contre la Turquie... Très bien mais vous me direz que c'est bien peu, l'argent c'est bien mais n'y a-t-il rien pour la culture? Et bien oui justement, Ankara va permettre la création d'une chaîne de télévision diffusant en kurde (dire que ça n'existait pas encore, tout de même, pour 20 millions de personnes...). Cette demande avait été faite à de multiples reprises, par la communauté kurde mais n'avait jamais été acceptée jusqu'à aujourd'hui.

Nous ne parlons donc pas ici de changements révolutionnaires mais tout de même d'un pas dans la bonne direction. Il est d'autant plus intéressant de voir ces actions en fonction de la petite invasion du Kurdistan irakien il y a deux semaines. La Turquie montre bien qu'elle ne lâchera pas le morceau et qu'elle est prête à utiliser les mêmes vieilles méthodes afin de "convaincre" les kurdes de se calmer. Cependant, Ankara semble aussi avoir compris que sans assouplissement afin de reconnaître la culture et le peuple kurde, rien de durable ne pourra être accompli. Espérons qu'ils sauront se souvenir de cela et faire progresser la situation avant que tout n'explose encore une fois.

mardi 11 mars 2008

École Afro-centriste; bientôt près de chez vous


Bientôt, oui très bientôt, des écoles à vocations raciales viendront s'installer dans un quartier près de chez vous. Bon, il est vrai que je suis malhonnête, après tout, s'il est vrai que la première école "pour noir" va ouvrir en automne 2009 à Toronto, cela ne veut pas dire pour autant que les mêmes institutions risquent de pousser à Québec même, par contre à Montréal...

Par le ton que j'utilise (ainsi que plusieurs autres détails peu subtils), vous pouvez évidemment deviner que je ne suis pas très chaud à cette idée. Je vais donc vous exposer mon point, premièrement je tiens à préciser que je ne trouve pas particulièrement choquant que l'on parle de "race" et que l'on se reconnaisse de l'une au lieu d'une autre et cela peu importe si la biologie moderne appui cet argument ou non. La race est donc, selon mon point de vue, un point d'appartenance culturelle plutôt que génétique. Je suis aussi d'avis que d'oublier les diverses réalités raciales est la pire manière de laisser se perpétuer les injustices et cela, tout en créant un flou identitaire dangereux. Le citoyen du monde X, n'ayant ni couleur, ni nation, ni langue, etc. n'existe pas! Voilà pourquoi, pour toutes ces raisons, je crois en différentes initiatives, telles la discrimination positive (favoriser les minorités afin de changer l'image publique ou encore égaliser les chances de ce groupe face au reste de la société).

En fait, je devrais plutôt dire que je favorise la discrimination positive dans certains cas. Car si ce type d'intervention peut avoir des effets positifs et égalitaires, trop de discrimination, quel qu'en soit le but, tend plutôt à diviser la société tout en créant une somme de frustrations. D'aider les noirs à avoir accès à plus de postes publics en politique ou dans l'administration canadienne ou québécoise... Parfait! Après tout, le but de telles interventions seraient d'intégrer des membres en difficultés de notre société. Cependant, peut-on vraiment dire que cette initiative est semblable à celle d'une école afro-centriste, uniquement faite pour les noirs. Une école prônant un cursus ainsi que des valeurs différent du reste de la population. En fait, pour être honnête, je trouve cette idée dangereuse. Cet établissement voudrait redonner une confiance personnelle et une fierté de soi à un groupe défavorisé de la société mais pourquoi cela devrait-il être fait par une ségrégation raciale? Une fois sortie de cette école "hors-Canada", le pays et sa société seront toujours les mêmes, à quelle mésadaptation ces jeunes devront-ils faire face? L'école est et doit rester un milieu de rencontre plutôt que de division. C'est là que notre conception de la société se forme et le Canada, ou le Québec, ne sont pas des sociétés toutes blanches ou toutes noires. Mon point serait certainement le même envers les écoles religieuses (juives, musulmanes, etc.), mais si je les désapprouve, leur existence en tant qu'entités privées doit être respectée. Le Canada n'a donc pas à interdire ces établissements mais n'a certainement pas non-plus à les subventionner de quelques manière que ce soit.

De plus, le Canada n'a jamais été un pays mettant de l'avant la discrimination raciale et je ne vois pas pourquoi cela devrait commencer aujourd'hui. Surtout que l'initiative proposée, je le répète, tend à isoler plutôt qu'à intégrer. Il y a un problème, il faut trouver une solution mais cette école à but raciste n'est clairement pas la bonne!

vendredi 7 mars 2008

Maudites féministes 2: À poils à l'UQAM


Comme tous les québécois le savent, l'Université du Québec à Montréal (UQAM) est dans un état assez désastreux. La dette est immense et un déficit, pour cette année, de pas moins de 28 millions de dollars, est en train d'étouffer cette administration. Pire encore, l'Université a déjà coupé partout et les comptes sont toujours loin de l'équilibre. La situation ne risque malheureusement pas s'améliorer de sitôt. Il faut donc trouver une solution au plus vite, l'UQAM étant une des universités les plus importantes de la province, ne doit pas couler. Tout le monde devra mettre les mains à la pâte. Enfin, presque tout le monde car certaines interventions ne sont pas toujours constructives...

À quoi (ou qui) je pense en particulier? Vous me voyez venir, je parle bien de mes ennemis de toujours; ces godzillas qui font tremblés les chromosomes XY, ces méduses qui pétrifient les mentons poilus... LES FÉMINISTES! Oui, je suis bien d'accord avec vous, ça donne froid dans le dos! Mais revenons à notre sujet, quel est le lien entre l'UQAM et les féministes? Réponse: la nudité... Heu... Quoi?

Voilà justement ce qu'une organisation de jeunes féministes, les amazones (hum, ça n'est pas du déjà vu comme nom?) de l'UQAM a décidée de faire. Elles ont demandé à rencontrer le conseil d'administration de l'UQAM et une fois dans la pièce elles ont montré toute leur révolte en se foutant à poils (elles avaient des slogans écrits sur le corps...)! Consternation! Les amazones voulaient, en faisant cela, protester contre l'état financier de l'Université et le machisme présent en politique... Ce fut une action d'éclat, pas de doute mais une question reste: quel est le lien entre les problèmes exposés et le fait de se mettre nu? Aucun et c'est justement ça le problème, car quelle leçon devons nous retenir de cette histoire? Heu... Que quand ça va mal, la meilleur solution pour une femme est de se mettre nue! Aye, là je risque de me faire crucifier à dire de pareilles choses. Mais soyons un peu sérieux, qu'est-ce que c'est que cette blague? Tout ça n'a rien à voir avec l'égalité des sexes, ça n'est qu'une bande de gamine qui voulait avoir de l'attention. D'où mon point de vu sur les féministes québécoises en 2008 : réveillez-vous mesdemoiselles, le Québec moderne n’a plus rien d’un royaume machiste. Autrement dit : le party est terminé!

mercredi 5 mars 2008

Intimidation soudanaise


Le Soudan n'est pas, depuis déjà un bout de temps, considéré comme un pays particulièrement responsable, démocratique, respectueux des droits de l'homme, etc. C'est en fait le contraire, cette ex construction coloniale a plutôt la réputation d'être beaucoup trop à l'aise avec l'utilisation de la violence. Ce qui en fait un voisin vraiment désagréable et un gouvernement central, pour sa propre population, très peu à l'écoute…

Tout cela est évidemment du remâché, cependant le Soudan semble actuellement dans une démarche qui confirme et accentue sa mauvaise réputation, amenant celle-ci à un autre niveau. Ces derniers temps c'est le génocide (il est difficile de dire si c'est exactement se que l'ONU définit comme un génocide, disons seulement un massacre de masse...) du Darfour qui prend toute la place dans l'actualité. Encore une fois, le Soudan s'en prend à sa propre population. Ce conflit a créé une onde de choc régionale et risque d'entraîner d'autres pays, tel le Tchad, à sa suite. Encore là, rien de nouveau. Quoi alors?

La toute dernière nouvelle est reliée à la force de stabilisation de l'Union Européenne (EUFOR, mandatée par l'ONU). Ceux-ci ayant à peine commencé à se déployer au Tchad, dans la région bordant le Soudan, que la première bavure a eu lieu. Une force de reconnaissance française se serait, par inadvertance (ou non), introduite sur le territoire soudanais. Conséquence: au lieu de civilement leur demander de quitter immédiatement le territoire souverain du Soudan, l'armée soudanaise a attaqué les quelques français, en blessant un et en tuant un autre.

Cet acte n'est pas anodin, ça n'est ni-plus, ni-moins, qu'une tentative d'intimidation de la part de Khartoum. Une autre bravade, afin de faire basculer la volonté chancelante des gouvernements occidentaux et de leurs populations pacifistes. Ce type de tactique a été utilisé à plusieurs reprises, contre les forces occidentales, par les gouvernements africains. Par exemple au Somalie, en tuant des soldats américains ou au Rwanda, en tuant des soldats belges. L'idée derrière cette violence mesurée est d'attaquer immédiatement la validité de l'intervention dans l'opinion publique. Les bons citoyens se disant "Mon Dieu, un mort au Darfour! Mais qu'est-ce qu'on fait là (de toute façon, qui sait où se trouve le Darfour?), bring the boys home"... Cette stratégie a déjà fonctionnée par le passé et ceci n'est qu'un début, nous verrons bien si la population française tiendra le coup ou si, encore une fois, l'opinion publique se laissera aller dans une débauche de sentimentalisme couard, mettant ses valeurs humanistes au rencard pour laisser le champ libre à une autre dictature cruelle.

Le pire dans tout cela est que si, je dis bien si car j'espère bien que la population française ne flanchera pas et saura reconnaître le bien fondé de l'utilisation de force militaire dans ce cadre régional particulier (et cela peu importe qu'un, dix ou cent soldats périssent), donc si la population abandonne, alors ce sera une incitation de plus pour tout dictateur de faire de même par la suite. Autrement dit, ça serait faire comprendre aux despotes du globe, qu'encore une fois, il ne s’agit que de frapper fort et violemment dès le début, et les forces occidentales se devront de s'enfuir queue entre les jambes. Cela non-pas par incapacité militaire mais simplement parce que la population a perdu la compréhension de certains problèmes internationaux et surtout en quoi une certaine utilisation de la force est essentielle et ne peut être remise en question pour chaque goute de sang abreuvant un sol en détresse.

dimanche 2 mars 2008

Nous de Jean-François Lisée


Jean-François Lisée n'est pas exactement un nouvel acteur dans la politique québécoise, cependant il semble faire peau neuve ces derniers temps. Cet ancien conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, péquiste et souverainiste convaincu, est en train de passer à l'avant plan sur la scène publique: il intervient régulièrement dans le magazine l'Actualité mais aussi lors d'émissions, radio et télé, très regardées, tel que: Bazeau TV ou encore Christiane Charette.

Pourquoi cette réapparition publique? Ou plutôt, pourquoi ce nouvel intérêt pour un homme qui, à première vue, semble plus attaché aux débats du passé que ceux du futur? La réponse est simple: parce que Lisée n'est pas un anachronisme, bien au contraire, il semble posséder une des clés qui permettrait au Québec de débarrer le cachot dans lequel il s'est lui même enfermé et enfin se faire une nouvelle place dans la modernité. Bon, ne vous en faites pas trop avec cette histoire de cachot mais retenez plutôt le point principal: Jean-François Lisée est un penseur original qui offre des alternatives réalistes permettant au Québec de se projeter par en avant.

Tout cela il le fait très bien dans son dernier essai, très simplement intitulé: Nous. Le sujet auquel il s'attaque: qui est le "nous" québécois et comment pouvons-nous le cultiver afin d'obtenir une population moins divisée, moins insécure et plus dynamique. Sujet vaste, en effet mais qu'il sait approcher de manière simple, directe et logique, comme tout ce qu'il fait. Il fait cela en proposant de multiples sous-projets, par exemple en transformant la manière de concevoir notre histoire, notre religion ainsi que notre situation linguistique québécoise. Fait marquant, il laisse loin derrière l'ancienne manière de faire, plutôt confrontationiste, qui était la marque de commerce des péquistes. Les différents projets proposés comprennent aussi la question constitutionnelle québécoise, une réforme importante de l'immigration et du système d'éducation postsecondaire.

Si la plupart de ses projets semblent alléchant et peuvent certainement être envisageable pour les différents partis politiques québécois, il faut tout de même préciser que cet essai, d'à peine plus de 100 pages, est un peu léger pour l'ensemble de ce qu'il souhaite faire. Si les idées semblent bonnes, on aimerait avoir plus de détails, de contre-arguments ou d'évaluation de faisabilité. Ça n'est donc pas un livre parfait, ni réellement marquant, cependant il est d'intérêt pour tous (au moins au Québec) de se pencher sur le sujet et de lire le point de vu de Lisée. Ça n'est pas un livre qui transformera le Québec, après tout Lisée avait déjà exprimé son point de vue dans les médias depuis quelques temps, mais il est clair que l'on pourra y trouver des racines d'un futur Québec. Lisez-le, vous ne le regretterez pas!

samedi 1 mars 2008

Un Québec Solidaire, en pleine guerre civile...


Ah! Que c'était prévisible! Une bonne vieille guerre de pouvoir au sein même des nouveaux détenteurs de la sainteté québécoise: Québec Solidaire. Oui, enfin le temps des poignards bien placé (entre les omoplates) est venu. Ce parti, tellement plus moraliste que les autres, se refusait depuis toujours à se définir comme les autres partis de la scène québécoise, pour ces mêmes raison, les habitudes et règles tacites du milieu ne les concernaient pas non-plus. Voilà pourquoi le parti n'avait pas cru bon de se doter d'un chef. Oui, Québec Solidaire n'avait pas (et n'a toujours pas) de chef... Au lieu de ça, le parti avait plutôt deux... portes-paroles! Très bidon en effet, ils voulaient nous faire avaler que les "guéguerres" de pouvoir ne les concernaient pas, eux étaient à un autre niveau: partage et gestion commune... N'importe quoi, car comme tout le monde le sait, à un certain point, une organisation a besoin d'une hiérarchie claire, d'un chef. Sinon, le tout part à la dérive (ce qui est plus ou moins ce qui arrive à ce parti politique sans siège à l'Assemblée nationale).

La situation semble maintenant arrivée au point où au moins un des deux "portes-paroles", a décidé de trouver une issue à ce status-quo. Françoise David a annoncé qu'il fallait mettre un terme à ce système et cela afin de ne sélectionner qu'un seul "porte-parole", "secrétaire principal", "choix du public", "camarade révéré", appelez ça comme vous le voulez, la société normale appelle ça un "chef"... Évidemment, ce que madame David veut faire comprendre c'est que ce poste (évitons la multitude de titres possibles), lui revient de droit. Donc qu'Amir Khadir n'a plus qu'à se casser ou lui lécher les bottes. Évidemment, à Québec Solidaire, on est beaucoup trop "solidaire" pour ça mais nous savons tous que la politique est la politique et qu'une guerre de pouvoir ne peut être que cela, aussi bien l'assumer, ça permet d'avoir l'air moins hypocrite lorsque cela arrive.

Suite à cette fuite dans les médias, Françoise David a vite réagi afin de contredire ces informations, affirmant que celles-ci dataient (elles étaient donc vraies!) et que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nous pouvons tirer trois conclusions possibles de ces affirmations:

Première possibilité: Il n'y a en effet aucun problème au sein du parti et la collaboration à deux durera pour toujours. Encore mieux, même si le parti prenait un jour le pouvoir (ne vous en faites pas, ça ne risque pas d'arriver), alors il n'y aurait plus de "premier ministre" du Québec mais bien deux "portes-paroles", marchant main dans la main, afin de diriger (non, devrais-je dire "conscientiser", ça fait plus "solidaire") la population québécoise. Autrement dit, n'importe quoi!

Deuxième possibilité: Françoise David continue à se foutre royalement de notre gueule et elle est en ce moment même en train de passer la lame sous la gorge d'Amir Khadir afin de le faire tranquillement abdiquer mais sans faire de vague publiquement.

Troisième possibilité: Françoise David avait bien l'intention d'ouvrir les hostilités afin de mettre de côté ce dérangeant Amir mais... Mais elle s'est rendue compte un peu trop tard qu'elle n'avait pas assez d'appui dans le parti et que la course risquait de se retourner contre elle, donc... Donc elle rebrousse rapidement chemin en essayant de faire croire à tous et toutes qu'entre Amir et elle tout va bien. Espérant du même coup qu'Amir, se voyant maintenant obligé de sauver l'image publique "solidaire", ne demandera pas vengeance pour la tentative d'empoisonnement.

Trois scénarios, lequel est le bon? Nous le saurons bien assez tôt, vivement les prochaines élections, on verra alors lequel des deux aura réussi à vampiriser le parti.

Bute défend son titre avec succès


Quel beau combat! Avouons le, un duel d'autant plus intéressant que le résultat fut positif pour notre héros national. Ce qui n'a certainement pas déçu les nombreux auditeurs et spectateurs québécois qui écoutèrent l'événement. Hier, Lucian Bute nous a démontré son incroyable talent de boxeur en dominant un pugiliste d'expérience, le battant à plat de couture, jusqu'à ce que finalement l'arbitre décide de mettre fin aux hostilités au 10ième round. Joppy recevaient trop de coups et afin de protéger sa santé contre son trop grand courage, l'arbitre prit la décision s'imposant. C'est donc le résultat auquel je m'attendais (j'avais prédit un arrêt de l'arbitre entre le 8ième et 10ième round) mais il faut dire que Bute en a fait plus que ce à quoi je m'attendais. Il a tout simplement dominé son adversaire à tous les niveaux: plus rapide, meilleur défensivement, plus puissant dans ses coups, plus divers dans ses attaques, bon contrôle du ring, etc. Vraiment un combat parfait pour le boxeur de Montréal, c'est donc aussi un message clair qu'il envoie au reste de la division, faisant comprendre à tous que le nouveau roi de la catégorie est clairement et simplement, Lucian Bute.
 
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