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vendredi 23 juillet 2010

L’événement qui ne sera pas: la faute revient à… Mayweather!


Alors comme ça le duel entre Manny Pacquiao vs Floyd Mayweather n’aura pas lieu et ça, pour la deuxième fois… Situation désolante, car le monde de la boxe attendait ce combat, entre les deux meilleurs boxeurs au monde (toute catégorie confondue) avec de grandes expectatives.

D’accord, d’accord, vous devez certainement être aussi tanné que moi d’entendre parler de ces deux divas qui ne sont pas capables de s’entendre. C’est vrai qu’en y pensant, ce doit être très difficile de faire un petit effort afin de faire des dizaines de millions de dollars… Ouin… Même avec de l’ironie, la pilule ne semble pas vouloir passer.

Sérieusement, où est le problème? On a tout entendu: les tests sanguins, le partage des revenus, le choix de l’emplacement, les inimitiés personnelles, le choix de la date et la disponibilité des entraîneurs. D’accord, je me doute que ce ne doit pas être si facile à négocier mais tout de même, l’incitatif est fort, non?

La réponse, semblerait-il, est malheureusement un non retentissant. Ce qui est intéressant c’est le pourquoi, pourquoi est-ce que le clan Pacquiao et le clan Mayweather n’ont-ils pu s’entendre?

Ma réponse: Mayweather ne voulait tout simplement pas de ce combat. Est-ce par peur de Pacquiao, par manque d’intérêt pour le sport ou juste par pur caprice. À vous de choisir mais avant de me crier après à cause que j’ose mettre la responsabilité sur les épaules de Floyd, étudions ensemble les faits :

1. Les deux promoteurs (Top Rak et Golden Boy) acceptèrent, il y a quelques mois, de se mettre à négocier sur la possibilité d’organiser un combat Mayweather vs Pacquiao.

2. Les deux partis réussirent à s’entendre sur un bâillon devant durer sur l’ensemble des négociations. Le but de celui-ci étant de permettre aux tractations de rester discrètes et efficaces, sans que chaque point ne soit discuté devant les médias et que le tout devienne acrimonieux.

3. Après quelques semaines, Bob Arum (Top Rank: promoteur de Pacquiao) dit que tout va bien et que Pacquiao a accepté les tests sanguins demandés par Mayweather.

4. Le 6 juin, Oscar De La Hoya (Golden Boy: promoteur de Mayweather) en vient lui aussi à dire que la négociation va très bien et qu’il espère pouvoir en arriver à un accord sous peu.

5. Richard Schafer (Golden Boy: promoteur de Mayweather) réagi rapidement par la suite, afin de dire qu’il ne peut pas commenter les négociations à cause du bâillon.

6. Bob Arum intervient lors des deux dernières semaines pour dire que tout est négocié et qu’il ne reste qu’à Mayweather de signer le contrat. Mutisme de la part de Golden Boy et du clan Mayweather.

7. Bob Arum nous annonce encore qu’il ne reste qu’à Mayweather de signer mais qu’il devra le faire avant le 16 juillet à minuit. Après coup, Pacquiao se cherchera un autre opposant. Le clan Mayweather reste toujours muet.

8. Le 16 juillet passe et Arum dit que la négociation est finalement tombé à l’eau, puisque Mayweather a refusé de signer le contrat avant l’ultimatum posé par Top Rank. Pacquiao passera donc à autre chose et le clan Mayweather reste toujours silencieux (bizarre non)?

9. La fin de semaine dernière, Mayweather participait à un événement caritatif et répondit, lorsqu’on lui demanda s’il avait ou non l’intention de se battre contre Pacquiao, qu’il voulait prendre des vacances ou encore aller à la retraite et n’était pas presser de prendre quelque décision que se soit (hein???).

10. Hier, le clan Mayweather est finalement sortit de son mutisme pour expliquer son point de vue sur la situation. En gros, Leonard Ellerbe (gérant de Mayweather) a affirmé que la débacle de l’organisation du combat ne pouvait pas être mis sur Floyd, parce *qu’il n’y avait en fait jamais eu de négociation… *Oui, exactement, *qu’il n’y avait jamais eu de négociation!!! *QUOI?

Pas de négociation? Mais qu’est-ce que c’est que cette blague? Les deux promoteurs (de Pacquiao et de Mayweather) ont tous dit qu’il y avait négociation, Pacquiao a dit qu’il y avait négociation, son entraineur aussi et même Ross Greenburg de HBO a affirmé qu’il y avait négociation. Négocier, c’est exactement ce que tout le monde faisait depuis deux mois et lorsque finalement on en vient à un possible accord qu’est-ce que Mayweather fait? Il fait comme si de rien n’était, ne signe pas l’accord et dit qu’on a tous rêvé et qu’il n’y a jamais eu de tractation… Non mais sérieusement, il nous prend vraiment pour des cons!

S’il n’y avait vraiment pas eu de négociation, pourquoi le clan Mayweather n’aurait-il pas réagi auparavant pour le dire publiquement? Ça fait deux mois que tout le monde dit négocier et lui n’aurait pas daigner dire qu’il n’était pas impliqué? Je crois que ça aurait pu être approprié, parce que même son promoteur disait le contraire!

En y repensant bien, c’est la deuxième fois que Mayweather nous joue ce tour. Il y a quelques années, alors qu’il décida de prendre sa « retraire », il était dans une situation très délicate. Cotto, Margarito et Mosley (tous des boxeurs dangereux à l’époque) voulaient se battre contre lui mais Floyd préféra se battre contre un Hatton limité et inefficace à 147 lbs, pour ensuite prendre sa retraite (échappatoire).

Aujourd’hui, Mayweather est revenu à la boxe, pour se battre contre un Maquez (vieux et complètement en dehors de sa catégorie de poids) et Mosley (féroce mais tout de même âgé de 38 ans). Une fois cela fait, il est maintenant dos au mur encore une fois, il ne lui reste plus qu’un seul boxeur à affronter : Manny Pacquaio, un boxeur dangereux s’il en est un.

Et qu’est-ce que nous fait Mayweather? Il file encore à l’anglaise, préférant éviter un défi qui lui semble peut-être un peu trop dangereux. Une vraie farce!

Sérieusement, j’espère que tout cela sera mis au clair bientôt et que Mayweather expliquera sa conduite, parce qu’en ce moment, Mayweather passe pour un vrai pleutre.

Tu ne peux pas insulter tout le monde, te dire le plus grand boxeur de tous les temps (Robinson, Leonard, Ali, Pep, Armstrong, Duran???) et ensuite s’enfuir la queue entre les jambes dès que quelqu’un te pose un risque. Comprenez-moi bien, je ne dis pas que Mayweather ne pourrait pas battre Pacquiao. Non, je dis simplement que Mayweather est un clown et que je ne vois pas comment qui que se soit pourra encore le prendre au sérieux après ce qui vient de se passer.

Floyd vit dans une illusion et qui que se soit qui le prend encore au sérieux y vie aussi…

Une année perdue pour Bute


Salut à vous tous amateurs de boxe,
Si j’écris aujourd’hui, c’est pour vous faire part de ma grande déception par rapport à l’annonce du prochain combat de Lucian Bute. En effet, selon la section boxe des sites RDS et Canoë le clan Interbox aurait choisi l’opposant du « Tombeur » pour l’automne prochain et ce serait nul autre que Jesse Brinkley.

D’accord, je me doute bien que ce n’est pas une grande nouvelle pour vous tous, amateurs et mordus de boxe mais il faut aussi faire attention à l’autre information venant dans l’article de Canoë; la date de ce combat… Toujours selon cet article, le prochain combat de Bute devrait avoir lieu à la mi-octobre ou en novembre prochain.

Encore une fois, vous devez vous demander ce qui me fait tant réagir dans cette annonce, après tout Lucian se bat habituellement à ce moment de l’année. Mon problème est plutôt lié au fait qu’étant donné que ce combat aura lieu très tard dans l’année, il sera quasi impossible pour Bute de se rebattre d’ici la fin 2010 et donc qu’il ne se sera battu que deux fois dans l’année et pas exactement contre les plus grandes pointures des super-moyens.

Évidemment, je comprends sans problème le fait qu’il n’est pas facile pour Interbox de trouver des opposants de valeur alors que le Super 6 mobilise l’élite de la catégorie. Tout de même, une année 2010 où Lucian n’aura eu que deux combats et contre une opposition très limitée (Miranda et Brinkley; on est loin du Top 10…) ça ne peut être vu que comme un échec.

À titre de comparaison, précisons que l’an dernier aussi, Bute ne s’était battu que deux fois mais s’était contre Zuniga et ANDRADE. Zuniga n’était peut-être pas un top 10 mais Andrade l’était clairement (en plus de l’élément revanche qui rendait le tout plus intéressant). Autrement dit, 2010 sera une année creuse pour Bute, qui lui aura certainement rapporté beaucoup d’argent (tant mieux pour lui) mais n’aura rien fait pour sa réputation et ne lui aura pas permis de progresser comme boxeur (niveau de difficulté trop bas et styles trop prévisibles/connus par Bute).

Vous me répondrez alors quelque chose comme: « Que voulais-tu qu’il fasse? La catégorie est mobilisée ailleurs, qui d’autre aurait-il pu affronter? »

La réponse est que Lucian aurait justement pu affronter d’autres boxeurs (Hopkins ou Pavlik par exemple) cet automne ou, au moins, décidé d’affronter Brinkley au début septembre. Ce qui lui aurait ouvert la possibilité d’affronter un boxeur de plus grande valeur à la fin de l’année, par exemple en fin novembre ou en décembre (le gagnant du duel Pascal-Dawson aurait alors certainement disponible).

Tout ça pour dire que je ne souhaite pas blâmer qui que se soit, je suis certain que Bute et Interbox on fait pour le mieux avec les options qu’ils disposaient alors mais ça ce n’est pas pour autant une raison de se réjouir. Bute va bientôt avoir à faire face à d’excellents boxeurs aux styles très divers lorsque le Super 6 va se terminer et Lucian n’aura pas eu une préparation adéquate (en 2010) pour leur faire face. Je ne dis pas qu’il ne sera pas près mais simplement qu’en utilisant mieux l’année qu’il avait devait lui, il aurait pu être encore plus préparé, avoir encore mieux progressé…
En tout cas, souhaitons que tout tournera pour le mieux et que Bute nous fera encore vivre des moments mémorables.
Bonne boxe!

dimanche 6 juin 2010

Jo Jo Dan vs Selcuk Aydin: Encore un vol dans le ring!


Je vais vous le dire tout de suite et sans ambiguïté: je suis outré du vol dont Jo-Jo Dan a été victime hier en Turquie! Il a totalement dominé le combat contre le Turc Selcuk Aydin et méritait, sans l’ombre d’un doute, la victoire. Pourtant, il semblerait que quelques juges aveugles et corrompus aient vu Aydin vainqueur. J’en suis estomaqué!

Personnellement, j’avais un score de 118-111 en faveur de Jo-Jo et même en donnant tous les rounds serrés à Aydin, j’en venais à un score de 115-112 (toujours en faveur de notre Roumain d’adoption).
Incroyable!!!

Je suis vraiment désolé pour Jo-Jo, c’est absolument dégoutant de lui voler cette ceinture qui était sienne.

Dan avait accepté le combat avec quelques semaines de préparation et est tout de même arrivé parfaitement prêt et s’est battu comme un champion. C’est horrible de lui faire un coup comme ça.

À ceux qui pensent que nos jugements au Québec sont parfois partiaux et bien vous aurez maintenant la preuve que d’autres régions du monde sont bien pires. La Turquie devra dorénavant être considéré par les fans et les boxeurs comme un “no man’s land”!
Sans blague, Dan a touché la cible bien plus souvent, a évité efficacement les coups de son adversaire et a contrôlé le momentum du combat quasiment du début à la fin (à l’exception du premier round). Que devait-il faire de plus?

Notons aussi le travail plus que douteux de l’arbitre, qui se permettait d’avertir Dan régulièrement mais n’osait jamais dire le moindre commentaire contre son protégé Turc (bien que celui-ci a donné plus d’un coup de salaud).

Merde!

Je suis un fan de boxe, j’adore ce sport mais des fois, ce genre d’arnaque monumentale me donne mal au cœur.

Désolé Dan, vraiment désolé pour toi mais n’oublie pas: c’est toi le champion! Personnellement, je ne l’oublierai pas!

mercredi 25 novembre 2009

Bute vs Andrade: la revanche


La boxe, comme tout autre sport, est une sphère dans laquelle les rivalités prennent une place prépondérante. Évidemment, ce qui fait la beauté première d'un sport c'est et avant tout, les qualités athlétiques misent en valeur par les différents aspects de l'activité; au hockey on retrouve de la rapidité, de la fluidité et un contact rude, au football américain on obtient de la puissance, des contacts dévastateurs, ainsi qu'une grande spécialisation physique, etc. La boxe, en ce sens, est un sport presque comme les autres (bien que j'ai tendance à croire que la nature même de ce sport tend à pousser les qualités athlétiques de ses praticiens à un autre niveau mais je crois que ce débat sera pour un autre article). Par contre, lorsqu'il s'agit de la boxe, les questions de rivalité prennent un tout autre niveau.

En effet, la boxe est un sport qui vit de ses rivalités. C'est évidemment aussi le cas de d'autres sports, les rivalités Red Sox/Yankees ou encore Nordique/Canadien étaient certainement exceptionnelles mais ne peuvent accoter la rivalité qui peut exister entre deux boxeurs. Pourquoi? Parce qu'à la boxe, il n'est pas question d'équipe ou de 82 matchs par année. À la boxe, chaque combat est crucial et que se soit victoire ou défaite, tout ne dépend que d'une et une seule personne, le boxeur. L'athlète, dans ce cas, ne peut jamais remettre la faute sur quelqu'un d'autre (à l'occasion son propre entraîneur ou encore l'arbitre) mais dans l'ensemble, disons que le boxeur ne peut compter que sur lui-même pour l'emporter. S'il gagne, il peut alors prendre toute la gloire mais s'il perd... Pas de coéquipier pour prendre le blâme, pas de 80 et quelques matchs pour reprendre la situation en main. Si un boxeur perd il peut soit accepter pleinement sa défaite, ce qui peut parfois être dangereux pour l'esprit de compétiteur de l'athlète ou encore la nier complètement.

C'est habituellement plutôt difficile de nier une défaite lorsqu'on se fait dominer mais beaucoup moins lorsque l'issue du combat est controversé ou du moins très proche. Il devient alors normal pour le boxeur de mettre la faute sur l'arbitre, les juges ou encore les sales tactiques de son adversaire. C'est justement là qu'un combat revanche entre deux boxeurs devient absolument électrisant. Parce que s'il y a revanche, c'est justement qu'un des deux boxeurs n'acceptent pas le résultat du précédent duel, peu importe qu'il ait raison ou non, ce qui compte ce que combat il y eut mais consensus sur le gagnant (entre les deux boxeurs), il n'y eut pas. Soit les deux boxeurs étaient très égaux, soit un des deux pugilistes fait preuve de négation totale face à la vérité.

Un boxeur ne peut donc pas s'avouer inférieur à qui que se soit, sinon il est fini, la hargne, nécessaire au combat dans l'arène, n'est plus (ou du moins très difficile à retrouver). Voilà ce qu'il y a de si incroyable dans les revanches à la boxe: aucun boxeur ne peut s'avouer faillible et une seule personne est responsable du doute qui fut mis en place (que cela soit de la projection ou non) et c'est l'adversaire qui se trouve de l'autre côté du ring.

Voici pourquoi le duel entre Lucian Bute et Librado Andrade, à Québec et sur HBO, sera absolument incroyable: parce que ni Lucian, ni Librado ne peuvent admettre qu'ils ont respectivement perdus le premier engagement. Ce qui les oblige automatiquement à vouloir tout donner pour le second tome, question de faire oublier tout doute créé par la fin controversée du premier combat.

Les revanches créent ou détruisent les boxeurs et l'on verra ici lequel des deux pugilistes continuera son ascension.

lundi 16 novembre 2009

Pacquiao passe à l'histoire


Samedi, en fin de soirée, Manny Pacquiao domina un combat épique, l'emportant par KO technique (arrêt de l'arbitre) au 12ième assaut. Manny semblait plus petit que Miguel mais il a su nous prouver que la règle du poids ne s'applique pas à tous de la même manière. Il a absorbé les puissants et savants coups lancés par Cotto, sans sourciller, ne fléchissant jamais devant son terrible adversaire. De plus, il a littéralement martyrisé Cotto, obligeant le puissant Porto Ricain à reculer dès le 6ième assaut et le détruisant littéralement au 9ième round (duquel Cotto ne sortit sur ses deux jambes que grâce à son impressionnante volonté). Que dire de plus? Un résultat comme un autre et on passe à autre chose? Non, c'est justement tout le contraire.

Si vous suivez un peu (même pas beaucoup) la boxe, vous saviez que samedi le 14 novembre était LA soirée à ne pas manquer en 2009. Le duel très attendu entre Miguel Cotto et Manny Pacquiao représentait une somme d'attraits très évidents; une confrontation internationale entre Porto Rico et les Philipinnes mais aussi un duel de style; puissance contre vitesse, ainsi qu'une confrontation de personnalité; la calme froideur du caractère de Cotto contre l'exubérance enflammée de Pacquiao. Deux excellent boxeurs: du talent à revendre, des qualités physiques hors-paires, en somme, une bataille pour une place très sélect dans la très longue histoire de ce sport.

Oui, une victoire prenait un sens important (c'est peu dire) pour les deux pugilistes. Pour Cotto, une victoire aurait été un parfait moyen de reléguer au passé tous les effets négatifs de son combat contre Antonio Margarito (trop long à expliquer). De plus une victoire, contre un boxeur aussi accompli que Manny Pacquiao, aurait assuré à Cotto une place au sein du Panthéon de la boxe. Oui, une victoire aurait pu faire tout cela mais victorieux Cotto n'en est pas ressortit.

Car la victoire à toute été pour le Philippin. Oui, pour Pacquiao, battre Cotto avait une importance exceptionnelle et multiple. Premièrement, gagner contre le Porto Ricain lui fait gagner une ceinture de champion du monde dans une 7ième catégorie différente (112, 122, 126, 130, 135, 140, 147lbs)! Du jamais vu dans l'histoire! De plus, pour Pacquiao, cette victoire lui assure un scalp de qualité sur sa fiche (Cotto étant loin d'être un parvenu) et lui permet d'atteindre un statu hors du commun. Avec cette victoire incroyable, Pacquiao devient le boxeur de l'année (pour la troisième fois), garantit sa place comme meilleur boxeur de la décennie (2000-09), ainsi que membre du clan supra-sélect qu'est celui des 25 meilleurs boxeurs de tous les temps! On peut maintenant, sans paraître ridicule, comparer Pacquiao à des grands de l'histoire tel que: Sugar Ray Robinson, Muhammad Ali, Sugar Ray Leonard, Henri Armstrong, Joe Louis, Roberto Duran, Willie Pep...


Évidemment, certains sourcilleront à ces deux dernières affirmations: est-il vraiment le boxeur de la décennie? Peut-on vraiment le comparer aux grands de l'histoire? Ma réponse est oui et encore plus, certainement! Il n'y a plus aucun doute que Pacquiao est le boxeur de la décennie; il a combattu les meilleurs, de façon constante et l'a fait sans controverse. Il a battu plusieurs boxeurs pouvant aspirer au Panthéon et l'a souvent fait dans des conditions qui le désavantageait (par exemple, en se battant dans la catégorie de poids de son adversaire). Son plus proche opposant, Mayweather Jr., a très bien commencé la décennie mais s'est depuis assis sur ses lauriers. Depuis 2003, son opposition a été faible, souvent controversée (comme de forcer Marquez, à 37 ans, de monter de deux catégories de poids afin de l'affronter...). Évidemment, une "retraite" de deux ans n'aide pas le cas de Mayweather.

Pour ce qui est de la place de Pacquiao au sein des "plus grands" de tous les temps, la situation me semble aussi on ne peut plus claire. Pacquiao a gagné des titres dans 7 catégories de poids (première dans l'histoire), été champion linéaire dans 4 catégories (autre première historique), a gagné un nombre incalculable de titres, a vaincu des adversaire aussi redoutables que Ledwaba, Larios, Barrera, Morales, Marquez, DeLaHoya, Hatton et Cotto. Le fait qu'il les ait vaincus ne rend pas toute la réalité: il en a détruit la majorité. Prouvant d'autant plus sa domination! Ne pas parler de lui dans les 25 meilleurs boxeurs de tous les temps me semblerait donc être une grande erreur.


Que lui reste-t-il devant lui? Deux ou trois combats tout au plus. Le premier nom qui nous vient en tête est celui de Floyd Mayweather Jr.. Ce serait un méga événement (certainement le plus profitable de tous les temps) et présenterait un duel de style exceptionnel; deux combattants au sommet de leur art, défensive élusive contre offensive foudroyante, on ne pourrait espérer mieux.

Évidemment, tout le monde sait que la négociation pour ce combat sera extrêmement compliqué et que Mayweather a une certaine "aversion" au défi... L'argent en jeu pourra cependant faire pencher la balance et aider Mayweather à retrouver son goût de la compétition (qu'il semble avoir égaré depuis 2003).

Si jamais un combat Pacquiao-Mayweather s'avérait impossible à organiser, on peut imaginer le PacMan se battre contre le gagnant du duel Mosley-Berto, ce qui représenterait un certain défi. Autrement, on voit difficilement un quelconque opposant valoir la peine pour le petit Philippin. Pacquiao ne continuera pas à boxer des adversaires de bas calibre (comparé au sien) juste pour faire de l'argent. Tenez-vous le donc pour dit, le plus "grand" boxeur au monde se nomme Pacquiao et tous ceux qui manqueront ses futurs combats n'auront plus qu'à se mordre les doigts d'avoir manqué l'occasion de voir l'histoire se dérouler sous leurs yeux.

jeudi 22 octobre 2009

La boxe: un sport maudit?


Depuis le début de l'été:
-Alexis Arguello, ancien multiple champion du monde, est retrouvé mort le premier juillet, la police nicaraguayenne hésite entre le suicide et le meurtre.
-Arturo Gatti (n'a pas besoin de présentation) est retrouvé mort le 11 juillet, la police brésilienne conclut au suicide.
-Vernon Forest, multiple champion du monde, se fait assassiné en pleine rue. Cet homme, un philantrope reconnu pour ses bonnes oeuvres, avait simplement refusé de donner son argent à un voleur.
-Darren Sutherland, médaillé Olympique et grand espoir de la boxe professionnelle irlandaise, se suicide le 14 septembre.

Et ceci n'est qu'un échantillon des malheurs qui s'abattent perpetuellement sur le monde de la boxe. À ce point on pourrait se demander: est-ce une malédiction?

Il n'y a aucun doute que le monde de la boxe est dans un univers bien à part lorsqu'il s’agit des destins tragiques. On n'a pas à chercher bien loin pour dégoter des histoires horribles; le suicide du jeune Sutherland étant le dernier m'ayant particulièrement frappé. Qu'est-ce qui pouvait bien le pousser à vouloir mettre fin à sa vie, lui qui semblait avoir un avenir brillant?

Si je ne peux évidemment pas connaître les situations particulières et personnelles de chacun des individus cités dans votre article, je me demande toute fois les raisons générales qui poussent ces athlètes exceptionnels à attirer autant le malheur (disons, à attirer nettement plus le malheur qu’un joueur de golf ou de tennis)...

Sans être sociologue (et encore moins psychologue), j'aimerais toute fois proposer quatre pistes de réponse. Je pense que certains facteurs influencent particulièrement la tragédie qu'est la boxe, les voici: pauvreté/manque d'éducation, milieu interlope, recherche du risque et commotions cérébrales. J’essaierai donc de vous présenter chacun des facteurs et en quoi ils me semblent pertinents face au problème des morts tragiques dans le milieu de la boxe.

La boxe, issue de la pauvreté
1. Le premier facteur de la "malédiction" de la boxe, est le milieu duquel les boxeurs proviennent, ainsi que leur niveau d'éducation. Ceci ne s'applique peut-être pas au Québec mais est clairement le cas aux États-Unis ou en Europe. On peut dire qu'en général, pour vouloir gagner sa vie avec ses poings, il ne faut vraiment pas avoir d'autres options valables (ou du moins, pas d'option plus facile). Dans cette logique on peut comprendre pourquoi un gars qui sort pratiquement de la rue en viendra plus facilement à faire de la boxe que, disons, le fils de Bill Gates... Les boxeurs viennent donc, en général, de milieux plus défavorisés (Tyson, Mayweather, Frazier, Judah, Liston, Pacquiao, Hopkins, Marquez et la liste s'étend à l'infini) et c'est ce qui les pousse à vouloir se rendre jusqu'en haut; se faire une nouvelle vie grâce à leur volonté et à leurs poings... Une fois cela précisé, on peut rapidement faire l'association avec les problèmes sociaux associés aux milieux défavorisés: drogue, violence, etc. Je ne veux évidemment pas dire que "nécessairement" les gens de milieux défavorisés sont plus prompts à ces comportements mais simplement que statistiquement, il y a plus de chance pour eux que ça aille dans ce sens. Augmentant ainsi les chances d’une fin tragique.

Boxe, sport interlope

2. Le deuxième facteur est celui du milieu interlope. Encore une fois, je crois que ça ne sera une surprise pour personne que la boxe n’est pas le milieu le plus propre qui soit… Les « Don King » de ce monde sont des rapaces crapuleux et vivre près d’eux ne peut que raccourcir votre durée de vie. D’accord, j’exagère un peu et j’espère bien que le milieu de la boxe québécoise est nettement plus propre. Mais on ne peut réfuter le fait que la pègre a toujours eu une place prépondérante dans le monde du pugilat et que, c’est une évidence, il y a plus de chance d’avoir une fin tragique lorsqu’on vit près du crime organisé (c’est pour ça qu’on retrouve des Hells ou des Bandidos dans le fleuve et non pas le comptable ou le fonctionnaire moyen…). Autrement dit, lorsqu’un boxeur se fait tirer dessus, on peut se demander si ce ne sont pas ses contacts ou associations "professionnels" qui se retournent contre lui ou du moins, lui jouent un mauvais tour…

Le caractère

3. Le troisième facteur est celui du caractère bien particulier des boxeurs. En effet, les boxeurs professionnels sont des athlètes hors normes. Pourquoi cela? En dehors du fait que le boxeur se doit d’être dans une forme impeccable, être surentraîné, etc. Ce qui le différencie des autres athlètes se trouve dans la tête. Ils sont différents simplement parce que leur sport les pousse à prendre des décisions radicalement différentes de celles prisent par les autres êtres humains… Je m’explique: un boxeur se doit de ne pas écouter une partie de son instinct de survie et de ne pas prendre en compte ses besoins naturels de préservation personnelle. Un boxeur doit faire fi de sa santé/sécurité physique puisque son sport, justement, l’oblige à se mettre dans des situations de violence insoutenable. Si un boxeur s’en fait trop pour sa sécurité personnelle, il finira par abandonner. Nous n’avons qu’à penser au dernier duel Ortiz vs Maidana. Ortiz était plus talentueux à tous les niveaux mais une fois un certain niveau de douleur atteint, il a voulu se protéger et a donc abandonné. Contrairement à ça, Maidana se fouttait complètement de sa situations personnelle, il voulait gagner, un point c’est tout! Résultat : Maidana à gagné et Ortiz ne sait plus où sa carrière le mène.
Victor Ortiz (à gauche), après avoir
abandonné contre Maidana

Le problème avec cette caractéristique unique propre aux boxeurs, c’est qu’ils prennent plus de risque, dans leur vie personnelle que la plupart des gens. C’est leur manque de conscience du danger qui aura amené la mort de gens tels que Vernon Forrest ou encore Diego Corrales (accident de moto, alcool au volant...).

Les commotions cérébrales
4. Le quatrième et dernier facteur est celui des commotions cérébrales. Bon, ce n’est un secret pour personne que les commotions cérébrales et la boxe sont comme la pluie et le fait d’être mouillé, l’un va presque automatiquement avec l’autre. Le problème c’est que les commotions cérébrales ont d’importants effets sur ceux qui les ont subies et cela, bien des années après que l’accident ait eu lieu. De récentes études prouvent que des commotions cérébrales répétées tendent à affecter le comportement, créer de l’instabilité émotive et émotionnelle et finalement, peuvent même être liées à la dépression. Autrement dit, plus on reçoit de coups à la tête, plus on a de chance d’avoir une commotion cérébrale et plus on a de commotion cérébrale, plus on a de chance, après coup, d’avoir des problèmes psychologiques. Cet été, Alexis Arguello et Arturo Gatti étaient dépressifs au point de mettre fin à leurs vies. Peut-on vraiment affirmer que leur situation physique n’a eu aucun effet sur leur décision? Difficile à nier.

Bon, voilà, j’ai terminé. Je n’ai pas pu y penser en profondeur mais je crois bien que ces quatre éléments (pauvreté/manque d'éducation, milieu interlope, recherche du risque et commotions cérébrales) sont tous responsables de la "malédiction" de la boxe. Oui, on ne parle pas du "mauvais œil" mais biens de raisons sociologiques, psychologiques et physiologiques.

En tout cas, ce n’est pas ça qui nous empêchera d’aimer ce sport exceptionnel, ni aux boxeurs de vouloir continuer à persévérer dans ce sport dangereux. Par contre, il serait à espérer qu’éventuellement, on réussisse à contrebalancer certains de ces facteurs pernicieux, par exemple: des arbitres prenant mieux en compte la santé des boxeurs, des tests de santé plus rigoureux, séparer définitivement le monde de la boxe de celui de la pègre, etc.

jeudi 1 octobre 2009

Tyson: 6/10


Mike Tyson n'a certainement pas besoin de présentation, l'ancien baddest man on the planet est connu, de tous, pour tout ce qu'il accompli: détruire ses adversaires de manière spectaculaire et devenir le plus jeune champion poids lourd de l'histoire mais surtout pour tout ce qu'il a fait de mal: violence conjugale, agressions, bris de la loi, viol, mordre l'oreille d'un de ses adversaires, drogues, etc. C'est donc un personnage dont on croit avoir fait le tour; on en parle depuis 20 ans, sa carrière est terminée et sa retraite était dans le meilleur intérêt de tous, le cirque ne pouvant se perpétuer éternellement... D'accord, tout cela n'est pas faux mais alors, pourquoi le réalisateur James Toback (un réalisateur hollywoodien de seconde envergure) a-t-il décidé de faire un film sur le "vieux" Mike Tyson? La réponse est que Toback croyait pouvoir présenter Tyson sous un autre angle. Du déjà vu? Peut-être pas...

Le documentaire Tyson (2008) est d'une simplicité et d'une efficacité étonnante. Cette somme d'entrevue avec Mike Tyson, qui parle de ses différentes difficultés personnelles, ses grands moments, son enfance, ses faiblesses, est un portrait assez nuancé d'un individu que l'on a toujours présenté à gros traits. Je ne sais pas si tous pourront être attirés par le sujet du documentaire mais toute personne ayant légèrement entendu parler de l'individu devrait y trouver son compte. Morale de l'histoire: on aime créer et détruire nos icônes publiques (et Tyson en était certainement une) mais il existe toujours une personne, un être humain, derrière chaque image caricaturée. Je sais, du déjà vu mais le tout reste tout de même très intéressant.

mardi 18 août 2009

Bute vs Andrade à Québec: bon choix!


Oui, la grande nouvelle vient d'être annoncée: Lucian Bute (24 victoires, 0 défaite) et son redoutable adversaire, Librado Andrade (28 victoires, 2 défaites), opéreront leur combat revanche dans la vieille capitale!

Oui, notre champion IBF des super-moyens vient se battre à Québec et laissez moi vous dire que je suis convaincu que c'est une excellente décision de la part d'INTERBOX, de Lucian Bute mais aussi de Golden Boy (le promoteur qui présentera le combat). En fait, j'en suis convaincu pour plusieurs raisons:

-Premièrement, Lucian Bute est loin d'être un "sinistre inconnu", après tout Lucian a, au cours des dernières années, bénéficié d'une certaine visibilité au niveau international. Cependant, il est clair que ce combat aurait la possibilité de changer drastiquement les choses, faisant de Lucian une star d'une toute autre envergure.

La preuve? Bien sûr que Lucian Bute devient de plus en plus présent, aussi bien à la télévision que sur le net. Son dernier combat fut présenté sur Showtime (qui est tout de même un réseau d'importance) et son prochain sur HBO (le réseau numéro 1 de la boxe internationale). Allez aussi voir sur des sites tel que ESPN, Boxingscene, The Ring Online, Maxboxing mais aussi des blogs intéressants tels que the Queensberry rules, etc. On y mentionne régulièrement Bute.

Mais, mais, mais, tout cela n'est qu'un début... Je reviens donc à mon point de départ, Lucian Bute n'est pas la star de l'heure mais il commence à être connu et apprécié (et cela, bien en dehors du Québec). D'ailleurs, on fera bien remarqué qu'il gagnera 900 000$US pour le combat, plus qu'Adamek ou André Berto (d'autre stars montantes) ne se font proposés pour leurs combats possibles contre Hopkins ou Mosley (des stars incontestées du monde de la boxe)!!! Donnez-lui encore quelques défenses de titre, un peu plus de visibilité et il pourrait devenir une des stars de la boxe.

-Deuxièmement, comme tout le monde j'ai été un peu déçu que Lucian Bute ne puisse pas unifier les titres contre le champion WBC, Carl Froch (un combat qui aurait été facile à mon avis). D'accord mais comme solution de rechange, le combat de revanche contre Andrade, à Québec et sur HBO est vraiment la meilleur option. Pourquoi? Parce que :
1. Le premier combat contre Andrade et sa fin controversée, a beaucoup fait jasé (c'est le moins qu'on puisse dire).
2. Le Colisée de Québec sera plein à craquer (premier événement d'une telle importance à Québec).
3. HBO présentera le combat et donnera de la visibilité monstre à Lucian Bute. Pour ceux qui ne connaissent pas, laissez moi vous confirmer que HBO a un effet monstre sur le monde de la boxe, si Bute fait bien devant ces caméras, le ciel pourrait bien devenir la limite de sa carrière... D'ailleurs, si ce n'est pas la première fois que HBO présente un combat au Canada et bien c'est la première fois dont j'ai entendu parlée. C'est donc un événement extrêmement important pour la boxe québécoise!


Évidemment, quelques mauvaises langues auraient aimé voir ce combat ne pas s'attacher à une teinte trop régionale et plutôt atterrir à la capitale du vice (et de la boxe), Las Vegas mais pourquoi? Quel en aurait été l'avantage? Car qui y serait allé? Personne! Lucian Bute et Andrade ont leurs fans au Québec, pas à Las Vegas, pourquoi aller faire ce combat au milieu d'un endroit où personne ne les connaît? Golden Boy et Interbox savaient très bien ce qu'ils faisaient en acceptant de faire le combat à Québec : pour Lucian Bute il y a plus d'argent à faire (pour le moment) à Québec qu'à Las Vegas. S'il devient, un jour très hypothétique, une star comme Pacquiao ou Mayweather (les deux grandes stars de la boxe mondiale), alors il ira à Vegas mais tant que ça n'est pas le cas, ça ne serait pas une bonne décision de l'envoyer là-bas...

Les exemples sont multiples mais en général on peut dire que sauf pour les mégas combats, la boxe n'est plus à l'ère des casinos et de Las Vegas, bien au contraire, c'est un retour vers les bases régionales et les arénas pleins à craquer!

Finalement, on peut dire qu'il y a deux points importants à respecter pour tout promoteur qui veut faire de l'argent avec un public nord-américain : remplir ton aréna et présenter le combat dans une zone horaire accessible pour le marché américain. Québec se trouvant dans la même zone horaire que New-York, le combat à Québec peut alors aussi bien être vu par les gens de Los-Angeles (en début de soirée), que de New-York, Boston ou Miami. Voilà pourquoi Golden Boy a accepté de faire le combat à Québec, car c'est l'endroit qui leur permettra de faire le plus d'argent possible (Montréal aurait été mieux mais pas avec le Canadien qui joue la même journée).

Autrement dit, Lucian Bute à Québec sera un gros événement, un événement qui bénéficiera à Bute et Andrade mais aussi à Golden Boy, Interbox et HBO. Cependant et avant tout, ce combat est un vrai petit trésor pour tous les amateurs de boxe québécois qui pourront aller voir leurs héros sur place, au Colisée de Québec.
J'y serai et je le répète : c'est le moment et l'endroit parfait pour Bute, tout ce qu'il lui reste à faire ça sera de battre Andrade, ce qui ne risque pas d'être une partie de plaisir...
Bonne boxe!

dimanche 21 juin 2009

Un nouveau départ pour Jean Pascal


Jean Pascal, un boxeur jeune et talentueux mais qui semblait stagner depuis quelques temps, vient de nous prouver et de manière éclatante, qu'il est capable de performer au plus haut niveau et que le meilleur se trouve encore devant lui.

Oui, c'est un nouveau départ que Jean Pascal vient de s'offrir avec sa victoire de vendredi dernier. En éclipsant le champion WBC des mi-lourds Adrian Diaconu lors de leur duel au Centre Bell, Pascal a prouvé qu'il était capable de mettre toutes les pièces ensembles et ne pas simplement se laisser aller sur la vague de son talent, s'écrasant contre le premier adversaire déterminé à lui répondre coup pour coup.

Non! Tout au contraire, Jean a fait un homme de lui et l'a prouvé à tout le Québec (pour ne pas dire au monde entier) vendredi soir. Il s'est battu contre un champion solide et déterminé et a clairement prouvé qu'il était le meilleur des deux. Son jeu de pieds et sa rapidité (en plus d'une offensive efficace et nourrie) ont sans-équivoque mis dans l'embarras le vaillant boxeur roumain.

Diaconu n'est pas un mauvais boxeur, loin de là mais il n'avait tout simplement pas de réponse face au Jean Pascal qu'il avait devant lui. Aucun doute pour moi qu'il aurait littéralement écrasé le Jean Pascal d'il y a un an mais ce boxeur là n'est plus le même qu'aujourd'hui.

Jean Pascal a donné, avec cette importante victoire par décision unanime, un deuxième souffle plus que nécessaire à sa carrière et peut maintenant aspirer à devenir un athlète reconnu sur l'ensemble du globe et pas seulement dans notre petite province.

De plus, il faut noter que Jean a aussi beaucoup amélioré un élément, cette fois en dehors du ring, qui faisait grand mal à sa carrière: son arrogance. En effet, il a été un parfait gentilhomme après le combat et c'est une preuve de confiance en soit que tous sauront apprécier. Pascal est devenu un homme devant nos yeux et c'est tant mieux, il aurait été bien dommage de le voir stagner dans son adolescence plus longtemps.

Bravo à Jean Pascal, le nouveau monarque WBC des mi-lourds et mention honorable à Adrian Diaconu, qui devra lui aussi se redécouvrir s'il espère un jour venger sa défaite contre le très doué Pascal.

mercredi 15 avril 2009

C'est la fin pour le Golden Boy


Oscar De La Hoya, le boxeur le plus connu des quinze dernières années, prend finalement sa retraite.

Oui, c'est bel et bien fini pour Oscar De La Hoya le boxeur. Ce boxeur au talent exceptionnel; ce qui en fit l'icône de la boxe professionnelle américaine, ainsi que le boxeur le plus lucratif de l'histoire (près de 700 millions$ US uniquement en pay per view), a enfin accepté que sa volonté, à elle seule, ne pouvait plus empêcher les ravages que l'âge avait fait sur son corps.

Évidemment, le Golden Boy n'est pas si vieux mais à 36 ans d'âge et 32 ans comme boxeur amateur et professionnel, son corps ne pouvait tout simplement plus suivre. Son dernier combat, un véritable raclée que Manny Pacquiao lui a administrée il y a quelques mois, aura su le convaincre de cette réalité.

De La Hoya aura cependant de quoi se consoler: il est excessivement riche, s'est développé une compagnie de promotion extrêmement fructueuse et est encore en très bonne santé physique et mentale (ce qui n'est pas le cas de tous les boxeurs). De plus, il aura presque tout accompli lors de sa carrière. Il aura gagné la quasi totalité de ses combats amateurs (225 victoires contre seulement 5 défaites) et aura aussi remporté une médaille d'or aux jeux olympiques de Barcelone. Au niveau professionnel, il aura obtenu dix championnats du monde dans six catégories de poids différentes (exploit jamais accompli auparavant) et aura affronté la totalité des plus grands boxeurs de son époque (Chavez, Whitaker, Mosley, Vargas, Mayweather, Pacquiao, Quartey, Hopkins et j'en passe).

Ce qui est le plus bizarre dans cette histoire, c'est que je sois légèrement ému par ce départ, car si le Golden Boy fut une star internationale, personnellement je ne l'ai jamais aimé. Oui il avait du talent, oui il était incontournable mais non, je trouvais impossible l'idée de l'apprécier. Son style robotique, son sourire de star d'hollywood et son côté nettement trop business man me l'ont toujours rendu antipathique. Cependant, maintenant que sa carrière se termine et que les petites rancunes perdent leur sens, je dois avouer que c'est un autre grand qui disparaît du monde de la boxe. Qui saura reprendre le flambeau? Existera-t-il un boxeur capable de porter le poids gigantesque de l'héritage De La Hoya? Qui sait, nous verrons bien...

lundi 6 avril 2009

Pascal vs Diaconu: confrontation montréalaise


Un combat de championnat du monde entre deux québécois: rêve ou réalité? Ou devrais-je plutôt dire: un rêve qui devient réalité...

Le Québec est gâté, en ce qui a trait à la boxe professionnelle, depuis quelques années. L'ère des Éric Lucas, Joachim Alcine, Herman Ngoudjo, Jean Pascal, Adrian Diaconu et évidemment Lucian Bute a mis fin à celle des Hilton et des Ouellet. Ça fait du bien! Cependant et bien heureusement, il semblerait que le meilleur soit encore à venir. Je sais bien qu'un tel pronostique est hautement hasardeux et que je risque sans doute de me mettre dans l'embarras pour avoir fait une telle déclaration. La raison étant simple: dans ce sport le hasard semble malheureusement maître et bien malin celui qui pourrait s'assurer qu'un événement ait lieu avant que le contrat ne soit signé en bon et due forme (et même là...).

Je me permet donc, à l'aide de données plutôt tangibles, de rêver (et surtout d'espérer) un peu. La raison de cette fantaisie est une intrigante proposition d'affrontement qui fait beaucoup parler depuis quelques jours. Je parle ici d'un combat de championnat du monde mettant en scène deux boxeurs évoluant au Québec. Plus précisément, un duel pour la ceinture mondiale WBC des mi-lourds, entre Jean Pascal et Adrian Diaconu.

En effet, depuis la victoire respective de chacun de ces boxeurs la fin de semaine dernière, il semblerait que des négociations aient lieues entre les deux clans de la boxe québécoise: GYM et Interbox. Ceux-ci seraient, semblerait-il, prêt à permettre à leurs deux poulains de s'affronter cet été, une première dans l'histoire du Québec!

Évidemment ça ne serait pas la première fois que deux québécois s'affrontent sur un ring de boxe, de tels affrontement ayant déjà créé un large intérêt au sein de la société québécoise. Non, la différence avec les situations semblables du passé est que jamais auparavant deux québécois ne se sont affrontés pour un championnat du monde. Plus encore, jamais deux québécois, d'un tel niveau de talent, ne se sont affrontés auparavant, que cela soit pour un titre mondial ou non. Précisons bien que Pascal est un aspirant mondial de premier niveau chez les super-moyens (168lbs) et n'a connu la défaite qu'à une seule reprise, alors que Diaconu est invaincu et champion du monde WBC des mi-lourds (175lbs).

L'événement, s'il a lieu (évidemment, on continue de se croiser les doigts), serait donc de première importance au Québec. On peut facilement s'imaginer la population se séparer entre les deux clans; Interbox vs Gym, Diaconu vs Pascal, immigrants du bloc de l'Est vs immigrants Haïtiens et africains, anglophones vs francophones, etc... Évidemment, pour que ce combat ait lieu, il faudra que les négociations valent la peine (donc beaucoup d'argent) puisque le risque est très élevé pour les deux combattants et que la population embarque. J'espère bien et je crois, que tout ces détails pourront être réglés sous peu. Mais la question qui me tracasse maintenant est... Qui serait le favoris? L'agilité puissante et souple de Pascal ou encore la rapide et compacte force de Diaconu?

À suivre...

samedi 14 mars 2009

Bute fait taire les critiques


Depuis sa difficile victoire contre cette créature quasi-inhumaine qu'est Librado Andrade, de larges nuages de doutes obscurcissaient constamment les plans et l'avenir du champion du monde, et Montréalais d'adoption, Lucian Bute. Car s'il avait dominé le combat dans l'ensemble, la scène la plus marquante du duel restait tout de même les dernières secondes et un Bute complètement vidé de son énergie, à peine capable de se remettre sur pied, tellement Andrade l'avait atteint solidement et pourchassé durant 12 longs rounds. Bute était resté champion mais était passé à un cheveux de perdre son titre mondial IBF des super-moyens.

Voilà donc pourquoi il y avait tant de pression sur notre champion précédant son combat de vendredi. Tous se demandaient comment Lucian réagirait, car son adversaire, Fulgencio Zuniga, était le type de brute qui avait les capacités de faire revivre le cauchemar d'automne dernier. Zuniga, un Colombien puissant, athlétique, acharné et frappant comme une mule, avait beaucoup en commun avec Andrade. Ce qui en faisait donc une excellente comparaison et permettrait de voir si Lucian avait vraiment réussi à reprendre sa confiance, ainsi que trouver des solutions face à ce type de boxeur. À la clé, l'occasion d'avoir une bonne préparation pour le combat revanche contre Andrade mais aussi, la possibilité de se faire assommer encore une fois et ainsi faire très mal à sa carrière à long terme.

L'issue du combat? Bute ramena littéralement Zuniga à l'école et le démolit en quatre rounds, tous à sens-unique, pour finir en un percutant knock-out. Il n'y a pas d'autre manière de dire les choses, Bute avait une manière de faire taire ses détracteurs et c'était en faisant ce qu'il a fait à Zuniga: le dominer et le mettre à terre prestement. Il a donc clairement fait taire les critiques (du moins, celles n'étant pas malhonnêtes) l'ayant pourfendue depuis son dernier combat et est maintenant prêt pour un autre gros combat.

Évidemment, certains continueront à dire que Zuniga ne valait rien et donc que le test n'en était pas vraiment un pour Bute. Une telle affirmation est évidemment malhonnête, Zuniga étant un adversaire de niveau international, ayant affronté les meilleurs et n'ayant jamais été déclassé, enfin, jamais avant que Bute ne le fasse vendredi dernier... Car si Zuniga semblait lent, c'est bien parce que Bute était vif, si le Colombien semblait pataud, c'est parce que notre montréalais se déplaçait avec légèreté et si Fulgencio ne semblait pas très bien résister aux coups que Bute lui portait, c'est que notre champion avait réussi à aligner extrême précision et excellente force de frappe. Conclusion, Bute a dominé un adversaire de valeur et a prouvé qu'il était d'une ligue plus élevée.

Reste maintenant à savoir ce que l'avenir lui réserve. On peut espérer le revoir se battre cet été (peut-être même à Québec; impossible que je n'y sois pas!) et aussi certainement une autre fois à l'automne (probablement un combat revanche contre Andrade). S'il réussit à franchir ces deux étapes (la revanche contre Andrade sera particulièrement difficile), alors une année 2010 en forme de $ se formera pour Bute. Gros contrats de télévision, unification des titres, combat majeur en territoire américain, etc. Souhaitons lui le meilleur mais pour le moment, souhaitons lui surtout de bien savourer sa toute récente victoire et de bien se préparer pour les nouveaux défis auxquels il fera face. À ce point de sa carrière, chaque duel est le plus important de sa vie. Longue vie à notre monarque!

samedi 31 janvier 2009

Ngoudjo se prend une dérouillée


La boxe nous rappelle souvent qu'elle est un sport et non une science certaine, cette fois n'a pas fait exception... Ngoudjo semblait être le favori de la soirée; plus rapide, bonne technique et excellente expérience de haut niveau, tout semblait jouer en son avantage. Urango en a cependant décidé autrement et a décidé de foutre toute une raclée au héros local.

Évidemment, Ngoudjo s'est défendu avec l'énergie du désespoir mais a tout de même perdu le combat et cela, sans équivoque. Dès le début de la joute, Urango lui mettait beaucoup de pression et Herman ne semblait pas très bien la gérer. C'est cependant au troisième engagement que le tout pris une tournure vraiment mauvaise pour notre boxeur canadien. Urango le toucha violemment avec un uppercut au menton et plus tard dans le round, le coucha une deuxième fois grâce à un terrible crochet de la droite.

Après ce moment (et la fracture de la mâchoire qui s'en suivit) Ngoudjo n'arriva jamais à reprendre le contrôle du combat. Il arriva tout de même à survivre jusqu'à la fin, ce qui est une incroyable preuve de courage en soit (surtout lorsqu'on prend en compte la situation désespérée dans laquelle Herman s'était foutu). Malheureusement, faire preuve de courage et résister pendant douze rounds ne permettra jamais à Ngoudjo de devenir champion du monde. Il lui faudra plus que ça, entre autre: améliorer sa défensive, mieux respecter son plan de match et surtout, se découvrir un potentiel d'imagination, parce que vendredi dernier, Ngoudjo était vraiment dépourvu d'idée sur la manière de résoudre le problème colombien qui l'assaillait.

mercredi 28 janvier 2009

Ngoudjo vs. Urango


Oui, vous avez bien deviné, la scène de la boxe québécoise, après avoir terminé 2008 en force, prend son envol ce vendredi (30 janvier), pour l'année 2009. Les pugilistes en vedette? Le Canadien et montréalais d'adoption Herman Ngoudjo (17-2, 9 ko), contre le redoutable Colombien, Juan Urango (20-1-1, 16 ko). Voici un autre combat de championnat du monde (ceinture IBF des 140 lbs) qui devrait, sans aucun doute, savoir vous donner de l'action à revendre.

Herman est un produit bien poli, égal en lui-même et ne possédant aucun défaut marquant. Cet athlète possède toujours une bonne forme physique, une certaine rapidité, un puissance de coup acceptable, un bon menton, une défensive acceptable, un bon niveau d'acharnement, beaucoup d'expérience amateur (245 combats) et maintenant, une intéressante expérience professionnelle de haut niveau. En effet, pour Ngoudjo, ce sera le 5ème combat d'affiler contre un combattant faisant parti de l'élite de la catégorie. C'est d'ailleurs ce qui explique ses deux défaites, toutes deux aux mains d'un champion ou ex-champion mais aussi et dans les deux cas, des défaites excessivement serrées, sinon controversées... Voilà quel sera le défi de Ngoudjo ce vendredi soir: utiliser toutes ses capacités afin de dépasser la défaite controversée ou encore la victoire in extremis. Il nous a déjà prouvé qu'il est capable de faire face à n'importe quel boxeur tout en restant compétitif. Cette fois, il devra nous montrer un peu plus, nous prouver qu'il n'est pas qu'un excellent boxeur mais qu'il a aussi l'étoffe d'un champion.


Juan Urango, son opposant et ex-champion du monde, m'est relativement inconnu (n'ayant vu qu'un seul de ses combats), je peux cependant vous confirmer que, dans la tradition de la boxe colombienne, Urango est un cogneur absolument terrible. Il n'est pas très grand, n'a pas une très bonne portée, n'est pas vraiment rapide, n'a pas une technique digne de mention mais est solide comme du granite et cogne comme un boeuf!

Voilà donc ce à quoi Ngoudjo devra faire attention: éviter les coups d'assommoirs de son adversaire, utiliser sa rapidité, sa grandeur et sa portée supérieure afin de toucher mais sans être touché et surtout, ne pas tomber dans le piège du combat de rue, duquel il ne pourrait que difficilement sortir vainqueur. Si Herman est capable de faire cela, il sortira de ce combat avec le titre de champion du monde (ceinture IBF), sinon il terminera la soirée sur le dos et avec un terrible mal de tête...

Herman Ngoudjo se retrouve, pour la énième fois, face à face avec son avenir. Une autre défaite repousserait son avancement professionnel (et le gros argent qui va avec) pour des années, il ne peut donc faillir à la tâche. Pour ce qui est de ma prédiction, je le vois gagner ce combat de manière nette mais tout de même assez serrée. Des scores de 116-112 ou même 115-112 (dans le cas d'un round nul ou d'une chute au tapis) seraient logiques.

Allez Herman, t'es capable, c'est le moment le plus important de ta carrière, prouve nous de quoi tu es fait!

dimanche 7 décembre 2008

Pascal fait bien mais commet tout de même l'erreur


Le boxeur québécois Jean Pascal a bien fait lors de son combat de championnat du monde hier (samedi 6 décembre) à Nottingham Angleterre mais n'a pas réussi à s'imposer contre l'anglais Carl Froch.

C'est bien dommage mais Jean Pascal n'a pu revenir en terre québécoise avec la ceinture de champion du monde WBC des super moyens. Pourtant, ça n'est pas faute d'avoir essayé. Lui qui s'est battu comme un lion (autant selon la presse canadienne qu'anglaise) a tout simplement trouvé un homme mieux préparé que lui dans le coin opposé. Cet homme était Carl Froch, celui qui est maintenant le champion du monde WBC.

Jean s'est donc bien défendu, ayant réussi à empêcher l'agressif Froch de lui passer sur le corps dès le premier engagement. Encore mieux, jusqu'au dernier tiers du combat, les deux boxeurs étaient à quasi-égalité sur la carte des juges. Malheureusement, Pascal n'a pas réussi à suivre le rythme et dû ralentir durant les 4 ou 5 derniers rounds, manque de constance lui faisant perdre le duel.

Il est bien dommage de voir un des nôtres revenir d'un combat de championnat du monde les mains vides mais il ne faudrait toute fois pas sauter aux conclusions. Pascal ne revient pas bredouille, évidemment il n'a pas la ceinture, donc moins d'argent et des combats moins importants dans la perspective 2009. Par contre, notre jeune boxeur (tout juste 26 ans) vient d'apprendre toute une leçon et a certainement beaucoup progressé dans un des aspects les plus importants de la boxe professionnelle: l'expérience! Jean est jeune, n'a encore que 22 combats professionnels et encore une fiche plus que respectable. Il peut être dramatique de perdre mais ça l'est beaucoup moins lorsque la défaite vient contre un bon boxeur, en championnat du monde et surtout quand le duel est resté compétitif d'un bout à l'autre.

Donc pour Jean, c'est le moment de se retrousser les manches, d'apprendre de cette défaite, de s'entraîner sérieusement et de faire quelques bons combats en 2009. S'il fait tout cela, il ne serait pas du tout étonnant de le revoir dans un combat pour un titre mondial en fin 2009. Allez Jean, n'arrête pas, on a confiance en toi!

mardi 2 décembre 2008

Pascal vs Froch: Jean n'aura pas droit à l'erreur


Ce samedi aura lieu, à Nottingham Angleterre, un combat de boxe extrêmement important pour le monde du pugilat québécois. Cet événement mettra en scène deux excellent super-moyens (168lbs) dont un combattant de chez nous, Jean Pascal (21 victoires, 14 par KO, aucune défaite), contre un Anglais très coriace, Carl (le Cobra) Froch (23 victoires, 19 par KO, aucune défaite). Donc non-seulement ce duel sera l'occasion à un québécois d'affronter un autre excellent boxeur invaincu mais en plus ce combat décidera qui sera le prochaine champion du monde de la WBC; devenant ainsi une des vedettes de la boxe internationale (et un futur adversaire potentiel de Lucian Bute).

Il est incroyable qu'encore une fois, un Québécois réussisse à se faire une place au sein de l'élite de la boxe mondiale. Cependant il faut mettre les choses au clair, la partie ne sera pas facile pour Jean Pascal (que l'on voit sur la photo ci-dessus), car son adversaire (que l'on voit sur la photo ci-dessous) n'est pas le genre d'individu que l'on met facilement dans sa poche. Pascal est rapide, très athlétique, assez puissant mais possède une technique déficiente (autant à l'offensive qu'à la défensive) et un menton plus que douteux. En effet, il fut plus qu'incommodé par les coups de ses adversaires lors des deux derniers combats (donnant des sueurs froides à plus d'un québécois et à toute son équipe de promotion). Il lui faudra donc faire attention lors de ce combat, car si Froch le pince solidement, les lumières risquent de s'éteindre pour Pascal.

Cette défaillance de Pascal est plutôt inquiétante surtout que Froch est un très puissant cogneur. Son "uppercut" de la main droite est dévastateur et il a abattu la quasi totalité de ses adversaires passés. De plus, Froch est un peu plus grand que Pascal et est plus expérimenté. Par contre, Froch possède aussi une défensive défaillante ainsi qu'une rapidité plutôt moyenne.


Qui arrivera donc à prendre l'avantage lors de ce combat? Pascal, sa vitesse et sa bravade ou encore Froch, sa puissance et sa résistance? Difficile de dire, surtout que Pascal a jusqu'à maintenant un potentiel non-achevé. Tant de capacités mais encore rien prouvé... Si l'on voit Pascal émergé, on peut logiquement penser que le Québécois l'emportera haut la main. Par contre, s'il gèle sous la pression en début de combat, alors le retour au Québec risque d'être amer... Je prévois donc (en avouant une bonne part de partisanerie), une victoire serrée mais par décision unanime de Jean Pascal (dans les alentours de 115-113). Ouin... En tout cas, ne pariez pas là-dessus, disons que c'est loin d'être certain mais l'espoir fait vivre... Bonne chance Jean!

dimanche 9 novembre 2008

Calzaghe vs Jones: triste fin pour la légende


Je suis, depuis déjà une bonne dizaine d'années, un grand défenseur de ce sport incroyable qu'est la boxe. Je dois cependant avouer qu'à certain moment... On pourra me traiter d'hypocrite autant qu'on le veut mais je dois dire qu'à l'occasion, le brutal spectacle de la boxe m'attriste.

Comprenez-moi bien, ça n'est pas l'idée de la violence des coups qui me fait changer d'avis, car la boxe est la violence à l'état pure, tout amateur le sait bien. Cependant, là où une telle agressivité animale rebute plusieurs, elle est aussi ce qui attire tant. Pas seulement à cause de l'attrait du sang mais parce que c'est cette même situation de violence qui permet au plus haut niveau de détermination d'un individus de voir le jour. La boxe n'a rien à voir avec la théorie, ça n'est pas une question de possibilité mais uniquement un sport de résultat. Un boxeur domine car il réussit à traverser les flammes de la douleur, les limites de son coeur et de son âme... Voilà la force de la boxe.

Malheureusement, à l'occasion cette force se transforme en un spectacle funèbre et c'est exactement ce qui s'est passé hier à New-York. Ne vous en faites pas, personne n'est mort, ni même a été gravement blessé. Simplement que, comme cela arrive régulièrement dans ce sport de combat, les auditeurs éberlués ont pu assister à la chute définitive d'une grande idole, d'un champion d'entre les âges: Roy Jones Jr.

Roy affrontait Joe Calzaghe, lui-même une vedette de la boxe, dans un duel de légendes. L'Amérique vs la Grande-Bretagne, les paris étaient ouverts mais dans le fond, nous savions tous de quelle manière cela allait tourner: Calzaghe est encore à son meilleur, alors que Jones a depuis déjà quelques années dépassé son zénith. Il n'est plus le boxeur qu'il était autrefois. Roy l'intouchable, le boxeur dominant des années 90, plus souple qu'un chat, intelligent, instinctif et puissant était déjà du passé. Il arriva à nous faire croire pendant les deux premiers rounds que tout était encore possible mais très rapidement l'illusion s'effaça. Calzaghe était trop rapide, trop acharné et beaucoup trop constant dans ses attaques pour permettre à la légende vieillissante de s'en tirer.

Douze rounds, beaucoup de sang et presque mille coups administrés par Calzaghe plus tard, la légende était belle et bien fini. Oui Jones était encore debout mais que personne n'ait de doute, ça n'était que grâce à la bonne volonté de Calzaghe, qui, bien que s'étant amplement moqué de Jones durant l'ensemble du combat, ne sembla pas vouloir achever son adversaire. Peut-être voulait-il lui laisser l'honneur de terminer sa carrière debout, qui sait?

Enfin, espérons que ceci servira de dernier combat pour Roy Jones Jr., évidemment il ne quittera pas dans la gloire mais cela ne changera absolument rien à une carrière exceptionnelle. Il est un des plus grands boxeurs de l'histoire et certainement le plus grands boxeurs que j'ai vu évoluer. Encore plus, c'est le boxeur qui me donna, il y a de ça plus de 10 ans, le goût de la boxe. Merci Roy pour tout ce que tu as fait mais s'il te plaît, s'en est maintenant assez. Ne boxe plus et reste en santé, tu es riche (rendu à 100 millions, il me semble que c'est assez...) et encore une vie devant toi (seulement 39 ans), ne remet pas tout cela en question pour une gloire éphémère que tu as de toute façon déjà accumulée à des niveaux hors de la portée du commun des athlètes.



Longue vie et merci encore à toi Roy et... Bravo aussi à Calzaghe pour sa victoire. Lui aussi terminera peut-être sa carrière avec ce dernier duel. Souhaitons-lui et que la raclée qu'il vient administrer à la légende Jones lui serve de leçon car s'il traîne trop, ce sera une jeune version de lui-même qui lui fera vivre l'humiliation qu'il vient d'administrer. Espérons que la fierté du Pays de Galles saura accepter son destin et prendre sa retraite au bon moment, autrement dit: maitenant!

dimanche 26 octobre 2008

Bute l'emporte in extremis


Après un combat enlevant et un suspens ayant duré 12 rounds complets (jusqu'à la toute dernière seconde et même plus), Lucian Bute a emporté le duel le plus dur de sa vie contre cet énergumène indestructible qu'est Librado Andrade.

Avant de vous expliquer le déroulement du combat mais aussi avant que qui que se soit crie à la controverse, je vais clarifier une chose: Lucian Bute a gagné ce combat et ceux qui le nient, soit ne connaissent rien à la boxe, soit sont seulement des dénigreurs comme on est malheureusement habitué d'en voir au Québec.

Une fois cela dit, qu'en est-il du combat? Premièrement, Bute a très bien boxé, a contrôler le ring, a plutôt bien bougé en défensive et a su attaquer Andrade de manière très violente. Pour ces différentes raisons, Bute a gagné au moins 9 des 11 premiers rounds. Si Andrade n'a jamais cessé d'essayer et de courageusement avancer, reste qu'il s'est fait outrageusement dominé durant les 11 premiers rounds. Confirmant une fois de plus qu'il n'est pas un boxeur très technique mais qu'il a un crane hors du commun (peut-être fait de titane ou autre matériel indestructible). Donc voilà le constat après 11 rounds, Bute est trop rapide et il fait payer Andrade pour chaque pas que le Mexicain fait vers l'avant. Cependant, le combat change du tout au tout lors du dernier et douzième round du duel.



À ce moment du combat, Bute est exténué, il a su dominer Andrade mais la pression constante du Mexicain semble lui avoir coûtée beaucoup. Son entraîneur lui conseille donc de simplement se déplacer durant le 12ième engagement. Pas besoin de gagner ce round lui dit-on, son avance est tellement grande qu'il lui faut simplement éviter la catastrophe. Bute a (malheureusement pour lui) un autre plan et dès le début du douzième round, décide d'échanger coup pour coup avec Andrade. Ça n'est évidemment pas le choix intelligent à faire mais c'est son orgueil qui prend le contrôle. Il a dominé tout le combat et malgré sa situation physique chancelante, il veut absolument finir les dernières secondes du combat en champion. Il veut donner un spectacle à la foule de 17 000 personnes, de même qu'aux réseaux de télévision américains, grande erreur en effet.

Grande erreur car c'est exactement ce que Librado Andrade attendait. Ne pouvant égaler Bute en qualité de boxe, il espérait que le champion perdrait sa concentration et qu'il serait forcé, tôt ou tard, d'y aller coup pour coup. Bute essaye donc d'assommer son adversaire mais est beaucoup trop épuisé. Andrade en profite pour y aller et donner tout ce qu'il lui reste. Les 45 dernières secondes sont une éternité, Andrade poursuit Bute autour du ring. Le champion semble avoir perdu ses jambes et est sur le point de s'effondrer. À 4 secondes de la fin, coup de théâtre, après une lourde droite au menton, Bute s'écroule à terre. L'arbitre commence le compte de 10 et après 6 secondes Lucian est sur ses pieds, pas en grande forme mais debout tout de même. L'arbitre, à ce moment, se détourne et avertit Andrade à trois reprises de retourner dans un coin neutre (ce qui est obligatoire lorsqu'il y a un knock down), puis revient à Bute et fini son compte de 10.

Au total, le compte aura évidemment été trop long mais Andrade n'a que lui-même à blâmer, s'il n'avait pas quitté le coin neutre lors du compte, l'arbitre n'aurait pas eu à l'avertir. Deuxièmement, Bute était déjà debout au compte de 6, ce qui était bien assez tôt pour ne pas être considéré comme knocked out. Était-il en état de se battre à ce moment là, évidemment que non mais cela ne cause pas réellement de problème puisque le temps réglementaire était écoulé. Autrement dit, Bute n'avait pas à prouver qu'il était assez fort pour continuer de se battre puisqu'il n'avait plus à se battre, le combat étant fini. Tout ce qu'il avait à faire était de se relever et il l'a fait. Les deux boxeurs allèrent ensuite à la carte des juges, où Bute l'emporta facilement étant donné la grande avance qu'il s'était fait durant tout le combat.

Vous voyez donc pourquoi il n'y avait pas de controverse. Selon les règlements en vigueur à la boxe professionnelle, Lucian Bute a gagné le combat sans controverse mais de manière très serrée. Car si le combat avait eu 20 secondes de plus, qui sait ce qui aurait pu arriver... Mais un combat de championnat du monde a 12 rounds de 3 minutes et pas 3 minutes et 20 secondes. Dommage pour Andrade mais s'il a manqué son coup, il n'a que lui-même a blâmé pour cela.

Il est malheureusement évident qu'une fois que les cris à la controverse ont commencé à fuser, ils sont très difficile à arrêter. Voilà pourquoi Lucian Bute devrait donner un combat revanche, dans l'année, à Andrade. Celui-ci a prouvé qu'il était prêt à se battre jusqu'à la dernière seconde du combat et afin de s'assurer que plus personne n'ait de doute, Bute devrait se battre une deuxième fois avec le dangereux Mexicain.

Que dire pour terminer? Bravo Lucian pour ta victoire et ton courage dans ces moments difficiles mais la prochaine fois, souviens-toi qu'un peu moins de bravade t'évitera bien des problèmes. Bravo aussi à Andrade pour son acharnement, il a un des plus gros coeur qu'il m'a été permis de voir dans la boxe professionnelle. Souhaitons un combat revanche prestement, je ne saurais le manquer pour rien au monde.

mardi 21 octobre 2008

Bute vs Andrade: le plus grand défi de notre champion


Ce vendredi soir aura lieu le combat de boxe le plus important des 20 ou même trente dernières années au Québec. Je sais que l'on entend souvent ce type de commentaire mais ne doutez pas, c'est vrai! Lucian Bute (22 victoires, 18 par KO), notre Québécois d'adoption, va défendre son titre de champion du monde IBF des super-moyens (168lbs) contre l'aspirant obligatoire, le Mexicain Librado Andrade (27 victoires, 21 par KO, contre 1 seule défaite).

Donc, qu'est-ce qui fait de cette défense de titre un combat spécial et particulièrement important dans l'histoire de la boxe au Québec? Premièrement, c'est un combat de championnat du monde, ce qui n'arrive pas si souvent au Québec. Dans les 20 dernières années, le seul boxeur sérieux et qui a eu du succès fut Éric Lucas (s'il-vous-plaît, ne me parlez pas des Hilton). Il devint champion du monde mais à une époque où sa catégorie de poids était particulièrement faible. Son accomplissement est grand et je ne veux pas du tout le diminuer mais disons simplement que Lucas n'a jamais réussi à vaincre un boxeur de la qualité d'Andrade... La situation est différente pour Bute, il est jeune, intelligent, charismatique, talentueux, athlétique en plus d'être un boxeur très technique. Autrement dit, il possède tous les atouts afin de laisser sa marque, pas seulement au Québec, car il n'est pas un boxeur local. Non, en effet il a de bonne chance de laisser sa marque au niveau international. Voilà donc l'importance de ce combat. C'est le combat qui déterminera si Lucian Bute n'est qu'un bon champion, un champion dominant ou encore une des attractions majeures de la boxe internationale.

Évidemment, cet argument vous l'avez déjà entendu et risquez de l'entendre à nouveau. Après tout, à la boxe chaque combat est une attraction majeure et a la possibilité de redéfinir la carrière d'un athlète. Donc je me répète, qu'est-ce qui rend ce combat "spécial"? Et la réponse est en deux pans: le potentiel fabuleux de Bute mais aussi la reconnaissance internationale d'Andrade. En effet, Andrade n'est pas un pied de céleri et est bien connu au sud de la frontière (il fait partie de l'écurie de boxe Golden Boy, de Oscar De La Hoya). On parle donc d'un boxeur qui a bonne presse, qui n'a perdu qu'une seule fois (contre nul autre que le monarque de la catégorie, Mikkel Kessler) et a l'habitude de détruire ses adversaires. Andrade est grand, puissant, déterminé, extrêmement endurant et une mâchoire d'acier (un vrai terminator, les pires coups ne semblent rien lui faire). Il est un boxeur mexicain et se bat comme tel: de la pression, plus de pression et encore plus de pression. Il ne sait faire qu'une chose, marcher sur son adversaire jusqu'à ce que celui-ci flanche. Évidemment Bute possède plusieurs avantages sur lui mais cela ne veut pas dire que le combat sera facile, bien au contraire. On peut s'attendre à un combat difficile, tout dépendamment si Bute réagit bien à la pression.

Voilà donc pourquoi ce combat vaut la peine d'être vu, ça se passera à un rythme endiablé entre deux boxeurs qui cognent avec autorité et qui veulent gagner à tout prix. De plus, le combat sera diffusé sur Show Time (mais sur Indigo au Québec), l'un des deux plus gros réseaux de diffusion de boxe au monde. Ça sera donc un combat regardé partout sur la planète et particulièrement aux États-Unis.

Pour ce qui est de ma prévision personnelle, je crois que Bute devrait l'emporter mais que ça ne viendra pas facilement. Andrade devrait commencer fort mais Bute devrait s'ajuster à partir du troisième round, ensuite sa plus grande rapidité et son bon déplacement dans le ring lui permettront de prendre le contrôle sur Andrade. Ça devrait donc se terminer en décision unanime pour notre champion (dans les alentours de 117-111) ou même en KO si Bute réussit à toucher Andrade de son crochet de gauche au foie (dans ce cas, peut-être un TKO au 8ième ou 9ième round). En conclusion, ne manquez pas ce combat (vendredi 24 octobre, 21h) car vous n'en reverrez pas d'aussi bonne qualité au Québec de sitôt, bonne boxe!

dimanche 27 juillet 2008

Cotto-Margarito: La force l’emporte


Oui, comme je vous l’avais prédit, le combat d’hier entre Miguel Cotto et Antonio Margarito a été un duel digne d’anthologie. Ce fut un combat extrêmement relevé, un spectacle remarquable au sein duquel Cotto nous démontra tout son savoir faire, sa technique, sa rapidité, un excellent jeu de pieds et une précision incroyable. Il domina les six premiers rounds et aurait battu n’importe qui ce soir là, n’importe qui sauf le monstre d’endurance auquel il faisait face ce soir là : Antonio Margarito.

Cotto frappait extrêmement durement, évitait ou bloquait les attaques de son adversaire avec aise et le fit passer, au début du combat, pour un gros lourdaud. Cependant, Margarito n’est pas un homme qui se décourage facilement, en fait, il ne se décourage tout simplement jamais… Au fur et a mesure du combat, il augmenta la cadence, recevant des coups à coucher un bœuf mais ne semblant jamais ébranlé (cet homme là doit avoir un crane en titane), lançant de son côté plus de 100 coups par round, poursuivant son adversaire plus petit et plus rapide, jusqu'à ce qu’au 11ième round, il le rattrape, l’accule et brise méthodiquement sa volonté et son physique. L’entraineur de Cotto lançant finalement la serviette vers la fin du round afin d’éviter des blessures supplémentaires a son protégé.

Margarito l’emporte donc par KO technique au 11ieme round, dans un combat où il s’est montré le plus déterminé, le plus puissant, le plus résistant et surtout le plus entêté boxeur que j’ai jamais vu. De son cote, la défaite sera difficile à prendre pour Cotto mais il n’a pas à rougir de sa performance. Il a montré dans ce combat qu’il était un boxeur complet, rapide, technique et intelligent (en plus de ce que l’on connaissait déjà de lui : puissance et acharnement). La différence aura simplement été que Margarito était plus grand, plus gros, plus fort et n’est pas vraiment humain, personne ne peut lui faire mal, il est incouchable… Espérons que Cotto réussira à surmonter cette défaite afin de nous revenir avec ce qu’il a de meilleur.
 
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